vendredi 9 septembre 2011
Report Festival: Rock En Seine 2011
Rock En Seine - 26-28 août 2011, Paris
Genre: Presque Célèbre
Depuis neuf éditions maintenant, le festival Rock En Seine mûrit. Petit à petit, un semblant d’âme est en train d’apparaître au cœur de ce qui est considéré comme le rassemblement parisiano-parisien de la pré-rentrée.
Le fait est que de plus en plus de festivaliers anglophones débarquent en masse dans le but avoué d’échapper au chaos Leeds/Reading. « Au moins ici, on peut prendre une douche et aller aux toilettes sans risquer d’attraper la gale » lâche un écossais encore ivre à 14h du matin. Car oui, il y a un camping à Rock En Seine, dont les seuls défauts seraient d’être trop balisé, et surtout en deux parties distinctes.
Toujours situé dans le joli cadre du parc St-Cloud, le festival misait encore sur sa formule habituelle : des têtes d’affiche internationales, des tendances du moment, des reformations et des découvertes. Le cocktail marche à chaque fois, alors pourquoi se priver ?
Parlons dés maintenant des trois têtes d’affiche, ce sera fait. Les Foo Fighters sont devenus de gros beaufs jouant du rock de stade, mais finalement cela leur va très bien. Business is business, mais Dave Grohl a quand même plus sa place derrière une batterie. Avec un show gras comme un kebab, on frôle l’indigestion sur les extraits du nouvel album (hormis White Limo) mais les anciens titres (Stacked Actors, My Hero, Monkey Wrench) rappellent que finalement, être un adolescent à cheveux gras, c’était cool.
On serait tenté d’appliquer le même jugement aux Arctic Monkeys mais le concert était nettement plus cool avec un joli best-of de leurs albums. Même si on a eu tout le temps de siroter des bières sur des morceaux plus faibles comme Still take you home ou Do me a favour.
Quand à Archive, que l’on commence à avoir vu et revu, l’apport d’un orchestre est une bonne idée mais le groupe n’a clairement pas le following ni l’envergure pour conclure un festival.
La suite de cet article se promet d’être plus anarchique que la brigade verte chargée de ramasser du déchet pendant trois jours. A l’instar des infirmiers de la Croix Rouge finalement.
Il est temps que l’arnaque The Kills cesse. Marre de l’intensité Fisher Price dégagée par le duo, quand on voit ce que les glacials Blonde Redhead arrive à faire en un seul morceau (23). Manque de chance pour le trio new-yorkais, c’était le dernier de leur setlist. Pour revenir aux Maritie et Gilbert Carpentier du flux toxique, certains titres sortent un peu du brouillard (No Wow, Satellite) mais pourquoi se contenter de faces B quand sont laissés de côté des tubes comme Cheap and Cheerful ou Monkey 23.
A l’inverse, Death In Vegas peut se passer des tueries que sont Dirge, Scorpio Rising, Girls ou Dirt pour faire un grand concert. Sur la plus petite scène, le groupe anglais assomme et captive son public avec son psychédélisme étouffant, sous un crachin des plus adéquats à cette communion sonore. De quoi renvoyer The Horrors à leurs études.
Rock en Seine invite maintenant régulièrement des artistes hip-hop et cette année est un bon cru avec Odd Future, The Streets (pour leur dernier concert français et en replacement de Q-Tip) et Tinie Tempah. Aussi bons qu’aient été les sets des deux premiers, malgré Tyler The Creator avec une jambe dans le plâtre pour l’un et Mike Skinner à l’ouest mais jovial pour l’autre, Tinie Tempah était un ton au dessus. Là encore, petite scène mais public et groupe en feu. Le rappeur anglais invective son audience avec le titre Do a fuckin’ moshpit et la foule soit-disant familiale se réveille. Un blast sonore entre Dizzee Rascal et Pendulum.
Le principe ci-dessus marche aussi pour l’électro avec un quatuor spécialisé dans la dentelle : Paul Kalbrenner, Etienne de Crécy, Yuksek et Trentemøller. Rien à dire, dancefloor en folie. Mention spéciale pour les deux derniers, programmés là encore sur les petites scènes.
Au rayon reformations, Death From Above 1979 et The La’s ont enfoncé les tympans des spectateurs présents, mais pas pour les mêmes raisons. Les premiers (basse/batterie saupoudré claviers) ont été d’une violence rare, nous laissant KO debout et bien hébétés. Les seconds (guitare/basse) ont touché par la pitié que l’on a ressenti pour eux. Que l’on donne un micro-cravate à Lee Mavers, le son y gagnera.
Pour le reste, on a oscillé entre le presque parfait (le magnétique Miles Kane avec le sous-estimé Eugene McGuinness dans son backing band, François and The Atlas Moutains, Austra, Gruff Rhys ou General Elektriks), le dansant (CSS, Funeral Party, Kid Cudi), le sympa (The Vaccines, The Wombats, Crocodiles, Birdy Hunt, Cage The Elephant, Beat Mark) et le pénible (Sexy Sushi, Cocorosie, BB Brunes, Interpol, Simple Plan).
Mince, on a encore raté les Deftones par contre.
Somme toute, et si on oublie la pluie, Rock En Seine s’est bien déroulé comme d'habitude, calmement, sans faire trop de bruit, mais suffisamment pour se dire qu’on y reviendra avant d’attaquer la rentrée prochaine.
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