jeudi 28 avril 2011

Terminated (The Cancelled Series Chronicles): Freaks & Geeks



Freaks & Geeks

Genre: Tod Browning & Amstrad CPC?

Pendant que Dawson se demande s’il est amoureux de Joey tout en se masturbant sur l'oeuvre complète de Spielberg, Freaks & Geeks apparaît sur l’antenne de NBC en 1999. La série, créée par Paul Feig et produite par Judd Apatow, est un concentré de tout ce que les teen-movies des années 80 ont pu offrir. Les situations communes sont détournées au profit d’une histoire se concentrant sur deux groupes d’un lycée en 1980 (soit chronologiquement parlant, juste avant la première vague de teen-movies 80’s) : d’un côté les Freaks , les rebelles fumant leurs cigarettes, séchant les cours et faisant la fête et de l’autre, les Geeks, petits génies à la solde de l’excellence scolaire.

Lindsay (Linda Cardellini, vue dans Urgences), l’héroïne, est une geek mais la mort de sa grand-mère provoque un changement chez elle, la détournant du "droit chemin", de son ancienne meilleure amie Millie (Sarah Hagan, Amanda dans Buffy contre les Vampires), catholique et coincée, de son petit frère Sam (John Francis Daley, aujourd'hui dans Bones), lui aussi geek de son état, et de ses parents moralisateurs.
La série est bourrée d’humour mais n’est pas une simple comédie basée sur le monde de la jeunesse. La représentation de ces adolescents est bien plus juste que les sitcoms habituelles et sort des clichés rebattus. Chaque épisode se présente comme un teen-movie de quarante minutes.

Le plan-séquence d’ouverture du premier épisode est un modèle de narration. Il débute sur le terrain de football américain, se détourne vers les tribunes où un couple modèle stéréotypé (un quaterback et une pom-pom girl) déclament leur amour réciproque, avant de passer sous les tribunes pour y découvrir les freaks, Daniel (James Franco, Mister 127 Hours), Nick (Jason Segel, Marshall de How I met your mother) et Ken (Seth Rogen, resté l'acteur fétiche de Judd Apatow), en train de fumer, blasphémer et parler de Led Zeppelin. Ne manque que Kim Kelly (Busy Phillips, la jeune assistante de Cougar Town), la petite-amie de Daniel.
Le plan s’attarde sur Lindsay les observant, coincée entre deux mondes, avant de se détourner vers les geeks, Sam, Neal (Samm Levine, aperçu dans Inglorious Basterds) et Bill (Martin Starr, revu dans la plupart des autres productions Apatow), en train d’imiter Bill Murray.
Ceux-ci se font importuner par la brute Alan (Chauncey Leopardi, quasi disparu de la circulation depuis) et sa bande, avant que n'intervienne Lindsay. Son petit frère la remercie à peine et Lindsay lâche "Je déteste le lycée".
Le ton est donné et lance le générique (Bad Reputation de Joan Jett) de ce qui paraît être l’une des représentations les plus proches de la vie des ados dans un périmètre scolaire.

La série ne dure hélas qu’une saison, malgré un casting hallucinant à posteriori.
Sans oublier la collection de guests/caméos à rendre jaloux les créateurs d'Entourage: Leslie Mann (Funny People, mariée à Judd Apatow), Ben Stiller (au hasard, Dodgeball), Thomas F. Wilson (Biff de Retour vers le futur), David Koechner (La légende de Ron Burgundy et acolyte régulier de Will Ferrell), Jason Schwartzman (A bord du Darjeeling Limited, entre autres), Rashida Jones (The Office), Allen Covert (présent dans quasiment tous les films d'Adam Sandler), David Krumholtz (Numbers), Kevin Korrigan (Les Infiltrés, mais aussi Delire Express), Mike White (Zombieland), Kevin Tighe (Lost, mais pas que), sans oublier le fantasme geek circa 1994 Claudia Christian (Babylon 5)

La série marque aussi les premières apparitions d'Alexander Gould (Weeds), Lizzy Caplan (Cloverfield), Shia LaBoeuf (Transformers), Ben Foster (Trois Heures Dix pour Yuma) ou encore Samaire Armstrong (Entourage, justement).

Judd Apatow poursuivra dans le genre avec sa deuxième série Undeclared, qui reprend une partie du casting de Freaks & Geeks et transpose l’univers du lycée à celui de l’université. Elle suivra le même sort et sera déprogrammée elle aussi avant même la fin de la première saison.

Freaks & Geeks a aujourd'hui le fameux statut de série culte. Une bien belle jambe pour un programme qui se sera arrêté à temps, malgré lui. Au moins, Freaks & Geeks reste parfait en l'état avec un vrai épisode de conclusion.

mercredi 27 avril 2011

News of the world: Ringo DeathStarr - Colour Trip



Ringo DeathStarr - Colour Trip

Genre: The Alan Moulder Project

Après The Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols, rajoutons le groupe Ringo DeathStarr à la liste des fans de jeux de mots sur les icônes 60’s.
Bien plus portés sur la noise-pop de Jesus & Mary Chain et sur le Loveless de My Bloody Valentine que leurs illustres collègues américains, le quatuor texan se distingue par le double-chant masculin et/ou féminin selon les chansons.
Côté wall of sound, rien de nouveau, si ce n’est que le son brut des deux premiers EP est un peu laissé de côté mais des titres comme Kaleidoscope et Do It Everytime y gagnent une épaisseur utile. D’ailleurs c’est cette espèce de fil conducteur sonore qui tient le disque, quand certains passages baissent un peu en inspiration dans la deuxième partie du disque.
On peut cependant bien pardonner une baisse de régime à des groupes produisant des trucs aussi bien foutus mélodiquement que So High, Day Dreamy ou Imagine Hearts.

A classer au même niveau que leurs concurrents The Pains of Being Pure At Heart, Singapore Sling et The Big Pink. Au minimum.

lundi 11 avril 2011

News of the world: Molly's – Sighs of the night



Molly's – Sighs of the night

Genre: Shoegazing much to lose

On gardait un lointain souvenir des amienois de Molly’s, comme un nom lâché dans la liste conséquente des groupes dit Teenage. Quatre ans plus tard, on constate que ceux qui ont donné un temps soit peu de concerts s’en sortent pas trop mal. Et donc les Molly’s.
Plus d’une centaine concerts, avec des premières parties mainstream pour se faire connaître des français dont la culture rock ne dépasse pas la playlist de MTV France (Mademoiselle K, BB Brunes), et des ouvertures pour des groupes nettement plus cools comme Glasvegas, Black Angels ou The Warlocks.
Avec Mark Gardener de Ride à la production, on comprend où veulent se situer les Molly’s. Les compositions sont honnêtes et bien servies par un son, pas que l’on soit étonnés, typiquement anglais période 90’s. Il est d’ailleurs difficile de ne pas penser à Ride (forcément) ou à My Bloody Valentine mais dans une version plus juvénile. Les titres s’enchaînent, et l’intonation gallagherienne de la voix se détache un peu du mur de guitares.
Si le groupe peut faire bonne figure au milieu de la scène rock française actuelle, on ne peut s’arrêter de penser que les Molly’s auraient fait de bons seconds couteaux au Royaume-Uni, au rayon Menswe@r, The Sultans of Ping FC et autres Cast et Shed Seven. Essayons pourtant de les imaginer plutôt comme des émules de The Jennifers, sympathiques teenagers anglais du début des années 90 très inspirés par The Stone Roses et The Charlatans, qui deviendront plus tard Supergrass.
C’est tout le mal qu’on leur souhaite.