mercredi 29 juin 2011
Report Festival: Hellfest 2011
Hellfest - 17-19 juin 2011, Clisson
Genre: No Stairway
Comment un poppeux comme moi a pu se retrouver au Hellfest de son plein gré ? Ok, j’écoutais du métal au lycée. Et puis j’ai grandi. Cette saillie débile n’avait pour but que de provoquer et a fait son petit effet auprès de chacun de ceux à qui je l’ai dit. Graine de connard. Cela étant, j’écoute encore Snot, Ministry, Black Sabbath, Deftones (si c’est toujours considéré comme du métal) et du stoner au sens le plus vague du terme. Et certainement d’autres trucs du genre.
Plus sérieusement, ma présence n’était due à la base qu’au projet de Radio Campus Dijon de faire une émission en direct du festival en collaboration avec toutes les Radios Campus de France. Un projet regroupant plusieurs animateurs de radio était fortement alléchant et mon envie d’exporter mon second degré et ma semi-culture geek ont eu raison de ma résistance qui ne demandait qu’à disparaître. Y serait-je venu sans ça ? Pas sûr, vu que mon budget festival s’alloue généralement au Garorock (parce que ce n’est pas loin et qu’il y a toujours deux trois concerts qui ne passent pas ailleurs), au Sziget Festival (parce que j’aime d’amour cet événement, j’y ai d’ailleurs vu un concert incroyable d’Iron Maiden il y’a trois-quatre ans) ou encore à Rock en Seine (Paris, têtes d’affiches à la cool et ambiance c’est bientôt la rentrée).
Forcément, départ à reculons de Bordeaux avec deux collègues plus légitimes que moi selon l’AFP, Arnaud et Louise. Et fatalement, de sympathiques préjugés en tête.
Arrivé à 21h le jeudi soir avec des italiens distribuant de la vodka aux nouveaux arrivants, premier contact avec le Metal Corner et l’équipe de radio dirigée par Zak, distribution de tee-shirts (que je n’ai quasiment pas mis, au profit d’un profil benderien correspondant plus à ma personne, pas très esprit d'équipe je sais).
Et fatalement, un mec vomit derrière une poubelle ce qui semble être du vin rouge. Ambiance.
Premier concert, des membres de la Turbojugend de Nantes reprennent du Turbonegro, évidemment.
L’absence de programme visible sur place ne m’aidera pas à savoir ce que j’ai vu ce soir là, à moins que ce ne soit la mise en route de mon immersion gonzo. Suivre des métalleux sur le terrain de l’alcool n’est pas la meilleure idée du monde.
Sobriété est le maître mot du vendredi. Logique d’un réveil difficile. Rain de The Cult sonne mon coup d’envoi du festival. Mon morceau préféré du groupe, ça tombe bien. Ian Astbury est capable du pire mais aussi du meilleur (cf. UNKLE). La pluie, symbole de ce Hellfest, tombe jusqu’au dimanche.
Son de merde sur les deux scènes principales pour cause de vent et de pluie. Down sonne moyen, Iggy & The Stooges passent mieux, et au moins je connais les chansons. Rob Zombie, un peu ampoulé. Il aurait mérité les feux d’artifice de In Flames. Pendant The Exploited, je passe un peu de temps à l’Extreme Market, le super marché du métalleux. Un peu trop mainstream à mon goût.
Mayhem sur la scène Rock Hard. 4 bougies, une guitare, un crâne en plastique. Une blague donc, que certains fans n’ont pas digéré. Quitte à voir de l’humour et du métal, j’ai largement préféré Dancefloor Disaster, dont l’amusement principal consiste à reprendre des tubes de Lady Gaga et de Culture Beat en les agrémentant de double-pédale et de chants hurlés. Enfin du décalage dans le sérieux ambiant.
La scène stoner, pardon Terrorizer, était clairement l’endroit où je devais passer le plus clair de mon temps. Première rafale avec Karma to Burn, on enfonce le clou avec Clutch et on s’achève avec Monster Magnet.
Je n’ai pas vu les Melvins en entier pour cause de Rob Zombie et de trainaillage, dommage j’ai juste eu le temps d’apercevoir Phil Anselmo à la batterie. Crevard.
Pas trop de Metal Corner pour ce soir, radio le lendemain.
Pas vu beaucoup de concerts le samedi avant un bon moment pour cause de préparation d’émission. J’ai regretté d’avoir raté Headcharger tant les mecs sont de bons clients en interview. Pareil pour Municipal Waste, mais là c’est parce qu’ils jouaient pendant la tranche à laquelle je participais. Émission cool, un troisième sparring-partner de qualité (Polo de son surnom), un excellent ingé-son (dont j'ai oublié le nom), du meublage et du blabla pour cause d’annulation de l’interview d’Hammerfall. Rien à foutre, une belle bande de tocards à l’ancienne, à l’image de leur show.
Thin Lizzy ou un cover band ? Difficile à dire mais j’ai tapé du pied sur The boys are back in town, comme tout le monde. Apocalyptica, on s’en fout.
Je rate Converge et Kreator, mais me laisse traîner voir Bolt Thrower. Surprise, le concert est excellent et super en place. La fosse est violente mais dans la norme hellfestienne. Pas ma came à la base mais bien bluffé par ces mecs. Sans oublier leur bassiste et son tee-shirt UK Subs.
Je délaisse Scorpions la plupart du temps. Le solo de batterie avec le sample de Wind of Change m’a convaincu de mon choix. Still loving you, chanté tel un cliché Spinaltapien en plein air-guitar, ça c’est fait.
Ne me parlez plus des Bad Brains. Fan du groupe, la déception n’en est que plus forte quand je m’aperçoit que la voix du chanteur disparaît au fur et à mesure. Arnaque.
Moment fort : l’hommage à Patrick Roy et le feu d’artifice qui a suivi. J’ai vu un métalleux pleurer. Et pas uniquement parce que la pyrotechnie a semblé viser le coin des poseurs, pardon, l’espace VIP où j’ai passé bien trop de temps à siroter les Jägermeister et les Jack Daniels proposés gratuitement.
Je décide de partir au Metal Corner. Constatation que j’avais oublié, y’a quand même un paquet de mecs, bourrés pour la plupart. Ça pue la testostérone. Heureusement, il y a des anglais avec qui parler de Motörhead, de whisky et de Manchester United.
Le dimanche, je rate Red Fang, Goatsnake, Kylesa, Electric Wizard mais me fade Cavalera Conspiracy. Il est navrant de constater que c’est de pire en pire pour les deux frères. Duff Mac Kagan et Anathema, au moins, ça passait.
Au rayon débile, Doro n’était pas non plus la meilleure idée du monde mais j’ai chanté en chœur avec les allemands qui traînaient là sur All we are.
Je découvre un peu plus tard mes voisins picards, composés du grand-père, des trois fils et du petit-fils de 13 ans. Ambiance barbecue, Ricard et vin rouge sur fond de Trust et de Madball.
Judas Priest semble comme d’habitude avoir dévalisé le Cuir Center local. Setlist à l’ancienne avec Victims of Change, The Green Manalishi (la fameuse reprise de Fleetwood Mac), Beyond the Realms of Death et l’inusable Breaking The Law. Après son arrivée en Harley, Rob Hallford est très en forme vocalement à défaut d’avoir retrouvé une seconde jeunesse physiquement. Mais ce n’est pas pire que Ozzy Osbourne. Celui-ci fait pourtant des efforts et paraît mieux qu’à l’époque des Osbournes. Je lance les paris sur la setlist et gagne une bière grâce à mon don d’ubiquité. Mention spéciale à War Pigs. Tout à fait correct, du moins à mon goût, jusqu’à ce que je parte subir les horribles Hawkwind en attendant Kyuss Lives.
J’attends au milieu de la fosse pour ce qui sera le dernier concert du festival. Le groupe entre sur Gardenia et je me retrouve collé aux barrières. La foule pète un câble et je me laisse porter par la vague de mouvements. Lassé de mon statut de fétu de paille, je sors de la tente pendant Supa Scoopa and Mighty Scoop, déjà vidé à la moitié du set. Je suis le reste de l’extérieur mais le son est parfait de dehors aussi. Grosse claque pour la reformation du combo stoner.
Je finis comme d’habitude au Metal Corner pour un DJ set Glam-Métal. Le public en redemande et commence à taper sur les poteaux de la tente. Peu à peu évacués, les spectateurs continuent à taper sur les tables avant de s’attaquer aux bidons qui font office de poubelles. Bien décidés à transporter leurs instruments de fortune, le son se propage jusqu’à l’entrée où les plus forts d’entre eux portent les fûts improvisés sur l’épaule. La sécurité veille et les festivaliers se rabattent sur les containers à verre dégueulant des excès alcooliques de la journée. Quelques heures plus tard, après une ola et une position PLS en hommage au SAMU, les tentes abandonnées sont piétinées voire brûlées quand arrive l’heure de tout remballer.
Le Hellfest est définitivement un festival particulier, bloqué en 1990 avant que le grunge n’apparaisse. Le poppeux que je suis a quand même apprécié son immersion. Salut et merci bien pour le pass.
Crédit photo Boutinfest: aucune idée, que l'ayant droit réclame son identification
mardi 28 juin 2011
Report Concert : The Pains of Being Pure at Heart/Liquid Team/Victory Hall
BT59 - 22 Juin 2011, Bègles
Genre: This Gig is Fucking Right
Première constatation, la fête de la musique, soit le seul jour où le mot musique devient une insulte à sa propre étymologie, a fait des ravages. Pas grand monde, 100 personnes à tout casser mais ce n’est pas grave, sauf pour les organisateurs Hello My Name Is.
Le concert commence avec Victory Hall (Julien Pras/Hugo Berrouet/Martial Jesus) dont je ne peux pas dire grand chose, étant occupé à distribuer du flyer à l’extérieur. Ça avait l’air pas mal, tant pis pour moi.
Viennent ensuite les revenants de Liquid Team pour un set solide. Les anciens pensionnaires de feu-Total Heaven (le label pas le shop, vous l’aurez compris) livrent une prestation des plus correctes et sonnent comme un mix entre Pavement, The Feelies et si on pousse un peu, The Pixies.
Les stars de la soirée se nomment The Pains of Being Pure at Heart et sont attendus au tournant. L’ouverture sur Belong, le gros tube de leur dernier album, laisse présager le meilleur. S’enchaînent single hors-album (Say No To Love) et extraits du dernier disque dans une continuité désarmante. Désarmante parce que certains titres se ressemblent fortement, débarrassés de la très bonne production du duo Flood/Alan Moulder. Une impression qui s’efface quand viennent les titres du premier album (Stay Alive, Come Saturday, Everything with you).
Si musicalement, le son est massif mais pop, le point négatif provient des voix de Kip Berman et Peggy Wang. Celles-ci semblent s’étioler au fur et à mesure que le concert avance. Sauf pour le rappel, où le groupe tire ses dernières cartouches avec un Contender magique et leur ultime salve power-pop, This Love is Fucking Right.
Excellents sur disque mais bons sur scène.
Setlist de The Pains of Being Pure at Heart:
Belong
Say No To Love
103
Heart in your Heartbreak
The Body
Heaven's gonna happen now
Stay Alive
My Terrible Friend
Come Saturday
Young Adult Friction
Too Tough
Everything with You
Contender
This Love is Fucking Right
Crédit photo Victory Hall/The Pains of Being Pure at Heart: Pauline Automatique
lundi 6 juin 2011
News of the world: Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two
Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two
Genre: B-Boy Bouillabaisse
Ne cherchez pas Hot Sauce Committee Part One pour le moment, il a été annulé suite au cancer d’Adam MCA Yauch. Hot Sauce Committee Part Two est donc le nouvel album des Beastie Boys.
A son écoute, on se rend compte que malgré sa qualité intrinsèque, les années dorées du groupe sont peut-être passées. Le trio travaille pourtant d’arrache-pied pour toujours rendre une copie impeccable, dont acte.
Après un To the 5 Burroughs plus synthétique et plus axé sur les samples, les Beastie Boys reviennent aux instruments, si l’on exclut l’album récréation The Mix-Up, et avec Philippe Zdar de Cassius au mixage.
Pour tout fan du groupe, on pénètre en terrain connu : un single imparable en ouverture (Make Some Noise), un duo avec Nas (Too many rappers), une virgule reggae bienvenue (Don't Play No Game That I Can't Win avec Santigold), des tracks tubesques (OK, Here's a Little Something For Ya), des clins d’œil (Funky Donkey, Say It), une spéciale « Join the dark side » (Long burn the fire) et, bien sûr, un brûlot punk (Lee Majors come again).
Pour promouvoir l’album, Adam Yauch en a profité pour réaliser Fight for your Right Revisited, un film/clip d’une demi-heure pour présenter l’album. La vidéo se propose comme une suite du clip original mais avec Elijah Wood, Seth Rogen, Danny McBride, Will Ferrell, Jack Black et John C. Reilly pour tenir le rôle des Beastie Boys, et un casting semblant sorti d’un Hall of Fame ou du Who’s Who indépendant. Le film est trouvable sur youtube.
Alors ok, Hot Sauce Committee Part Two n’est pas tout à fait au niveau des quatre premiers albums, mais reste de très haute volée dans la production actuelle.
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