mercredi 30 mars 2011
Film sorti du placard: To live and die in LA
To live and die in LA/Police Fédérale Los Angeles (1985)
Genre: Very Bad Cops
To live and die in LA n'est pas qu'un titre de TuPac, c'est aussi un polar, et pas des moindres.
A la réalisation, on retrouve William Friedkin, déjà responsable de French Connection, L’Exorciste mais aussi du mésestimé Cruising et récemment de Bug.
Le pitch est simple : un flic tête brûlée et archétype de l’anti-héros se met en tête de venger la mort de son partenaire en traquant avec l’aide de son nouveau co-équipier, le faussaire qui l’a tué. Avec ce film on se croirait dans une adaptation sanglante de Miami Vice avec bande-son 80’s à souhait (Wang Chung à fond, chanson éponyme à l'appui), mais situé à Los Angeles… Le sang de Michael Mann n’a d’ailleurs fait qu’un tour puisqu’il a fait un procès à William Friedkin pour plagiat.
Niveau réalisation, on touche à la quasi-perfection pour le genre : sec, nerveux, mais peuplé de travellings et de panoramiques salutaires, avec qui plus est une séquence d’anthologie, à savoir une poursuite en voiture à contre-sens sur l’autoroute.
Au casting, on retrouve un William Petersen en totale antithèse de son personnage de Grissom dans Les Experts, John Turturro déjà bien typé malfrat italo-américain, John Pankow en co-équipier paniqué mais surtout un Willem Dafoe vénéneux à souhait, certainement dans l’un de ses meilleurs rôles.
To live and die in LA c’est l’un des meilleurs polars 70's/80's américains, à réévaluer et à placer aux côtés de Dirty Harry ou French Connection.
Film sorti du placard: Vigilante
Vigilante (1983)
Genre: You just fucked with the wrong mecanician
Réhabilitons William Lustig. Vigilante, sorti en 1983, est bien souvent classé au rayon film d’auto-défense, comme la série des Un justicier dans la ville. Pourtant il n’a pas tant de points communs avec ces films proto-fascisants nous montrant un Charles Bronson pourfendant la ville pour tuer tous les voyous que la police dépassée n’a pu arrêter.
L’histoire est assez classique pour le genre : Un mécanicien décide de venger la mort de son fils et l’agression opérée sur sa femme, après que le procès ait laissé libre les agresseurs. Lui est condamné à 30 jours de prison ferme pour s’être rebellé contre le jugement prononcé. A sa sortie, il rejoint le groupe de Vigilante de son quartier, une sorte de milice organisée qui prône la justice par soi-même. Le film est en fait clairement la transposition d’un western spaghetti vers un milieu urbain crasseux, en l’occurrence un New-York pré-Giuliani. Son protagoniste est un justicier solitaire corrompu par la violence qui lui a été infligé, mais certainement pas un héros. Un héros aurait récupéré sa femme après s’être fait justice lui-même, ce qui n’est pas le cas ici, puisque sa femme le quitte juste après le premier règlement de comptes. Niveau mise en scène, ça emprunte à Sergio Corbucci, John Carpenter ou Georges Romero. Les bandits sont parfois filmés comme une nuée de zombies tandis que la troupe des Vigilante est filmée comme des malfrats.
Pour les acteurs, Robert Forster est le justicier, spécialiste des B-Movies et déjà révélé dans Jackie Brown. Il y a aussi Fred Williamson dans le rôle du chef des Vigilante, acteur culte de la Blackxploitation qu’on peut voir aussi dans Une nuit en enfer. Sans oublier l’acteur fétiche de Lustig, Joe Spinell, protagoniste principal de la série des Maniac Cop.
Pour résumer, Vigilante renvoie dos à dos les deux entités principales du film en les traitant équitablement mais surtout en laissant plusieurs interprétations possibles quand à la suite des évènements. Bref, une série B sanglante, agréable à regarder mais pas aussi con qu’elle pourrait le laisser croire.
Crédits affiche: http://www.mondotees.com
Film sorti du placard: The Black Hole
The Black Hole (1979)
Genre: The White HAL
Quand les grosses compagnies hollywoodiennes ont vu le succès de Star Wars en 1977, produit par la Fox, chacune a décidé de sortir un film de SF histoire de profiter de la vague, à part la MGM qui venait de sortir L’Age de Cristal. Paramount a donc sorti le premier film Star Trek en 1979, Universal s’est lancé dans Battlestar Galactica, et Disney a emboîté le pas avec justement, The Black Hole.
Un budget d’à peu prés 26 millions de dollars est débloqué, et le projet est présenté comme pharaonique, la société rappelant même certains de ses spécialistes des effets spéciaux envoyés à la retraite. Disney essaie à l’époque de récupérer les nouvelles caméras Dykstraflex que Georges Lucas a utilisé pour tourner Star Wars mais le prix de location proposé par ILM est trop élevé. Le studio décide alors de fabriquer les siennes et cela donne les caméras ACES, supérieures en tout point à celles de Georges Lucas.
Inutile de dire que visuellement, le film bien qu’ayant vieilli, est quand même encore très beau. Le synopsis de The Black Hole est finalement devenu un standard dans la sf : En 2130, un vaisseau spatial d'exploration, l'USS Palomino découvre un trou noir avec un vaisseau perdu, l'USS Cygnus en orbite sur son horizon. Les membres de l’équipage décident d’aborder le vaisseau perdu et y retrouve le commandant de bord, vivant seul, entouré de robots depuis 20 ans. Je ne spoilerai pas la suite mais on est en plein trip à la 2001 l’odyssée de l’espace mixé à des dialogues surréalistes et au bon vieil esprit catho/familial cher à Disney.
Pour le casting, on retrouve Anthony Perkins, Robert Foster, Ernest Borgnine, Roddy McDowall dans le rôle de l’insupportable robot du film, et avec à la musique John Barry qui signe l’un de ses meilleurs thèmes.
Je reparle de ce film aujourd’hui parce que Disney a décidé de s’atteler à un remake, peut-être même en 3D, effet Avatar oblige.
En tout cas, The Black Hole est à revoir, oscillant entre nanard grand luxe et révolution visuelle, pour l’époque.
Film sorti du placard: Wet Hot American Summer
Wet Hot American Summer (2001)
Genre: Monty Syphon
Le titre Wet Hot American Summer donnerait si il était traduit dans la langue du chevalier des arts et des lettres Christophe Maé, « Dingue dingue dingue, on s’attache mon p’tit gars c’est ma terre ».
L’idée de départ est simple, il s’agit de raconter le dernier jour d’un camp de vacances juif en 1981. Ça commence sur les mêmes bases que Arrête de ramer t’es sur le sable (Meatballs dans la langue de Danny McBride) et ça dérive violemment vers un mélange entre Monthy Pythons, The State et, pour changer, le Saturday Night Live. Soit des sketches reliés par un fil conducteur, prétexte aux situations les plus absurdes ou débiles qui soient, de l’abandon de gamins dans un canoë précipité dans les rapides à la chute d’un élément d’une station orbitale, en passant par une boite de conserve qui parle.
Le casting est tout ce qu'il y a de plus cool avec Janeane Garofalo (Mystery Men), Paul Rudd (Ron Burgundy), Ken Marino (Party Down), Molly Shannon (Superstar), Elizabeth Banks (Role Models, du même réalisateur), Bradley Cooper (The Hangover), Amy Poehler (Les rois du patin) et Joe Lo Truglio (Paul).
Pour les fans de trivia, le film a choqué les responsables du camp dans lequel il a été tourné. Ceux-ci s’attendaient à une comédie familiale, alors fatalement le résultat final ne leur a pas franchement plu. Un raison de plus de le télécharger au plus vite sur les plates-formes habituelles, vu que Wet Hot American Summer n’est jamais sorti en France.
Album sorti du placard: My Vitriol - Finelines
My Vitriol - Finelines (2000)
Genre: Hindi-Goth?
Finelines est pour le NME, un mélange de The Cure et des Foo Fighters fait par des mecs qui croient avoir défoncé la NASA sur leur propre terrain. Il y’a sûrement un peu de ça c’est vrai, mais ce petit côté arrogant ne les dessert pas et il est évident que My Vitriol a écouté The Cure et les Foo Fighters. Mais pas que…
On sent aussi bien les influences d’un Smashing Pumpkins des bons jours.
Le groupe compte deux indiens dans ses membres mais ça n’en fait donc pas pour autant des émules des sous-estimés Cornershop. L’album est inspiré, rentre-dedans dans son style, et bien écrit. C’est d’ailleurs pour ça que j’en parle aujourd’hui. Chaque chanson est enregistrée avec un accordage différent mais le produit final reste homogène.
Le groupe n’a rien sorti depuis à part un EP en 2007, une cover des Lemonheads et une autre d’Elliott Smith en apprenant sa mort. Un semi-réputation de fossoyeurs de cadavres tièdes qui se perpétue même récemment puisqu’ils sont le dernier groupe a avoir joué à l’Astoria de Londres avant sa fermeture.
Restent des titres comme Cemented Shoes, Grounded, Always your way ou Windows & Wall.
Groupe sorti du placard: Tomorrow
Tomorrow
Genre: Acid Bike
Tomorrow est l’un des premiers groupes psychédéliques en Angleterre avec Soft Machine et Pink Floyd mais n’a jamais connu le succès de ses comparses bien qu’adulé, mais qui ne l’a pas été, par John Peel. Tomorrow a existé pendant un peu plus d’un an de 1967 à 1968, avant de se démembrer, quand le chanteur a connu un bref succès avec un single extrait d’un, ouvrez les guillemets, Teenage Opera. Le guitariste Steve Howe a fini chez les infâmes Yes puis dans Asia, alors que le batteur John Twink Adler a joué sur SF Sorrow des Pretty Things avant de monter The Pink Fairies et de figurer dans l’un des premiers groupes punk, The Rings.
Pour l’anecdote, le groupe a composé une chanson nommée Revolution dont Lennon s’est bien inspiré pour son Revolution, avec un succès que seuls les Beatles pouvaient avoir. Le titre le plus marquant serait pourtant My White Bicycle. Celui-ci s’inspire d’une action des Dutch Provos, un collectif anarchiste hollandais qui avait mis à disposition en libre service des vélos blancs qu’on laissait où l’on voulait pour que quelqu’un le récupère et ainsi de suite. Le presque ancêtre du Vélib quoi…
Groupe sorti du placard: The Monks
The Monks
Genre: Monks gone to heaven
The Monks ou les moines pour ceux qui ne parlent pas la langue de Billy Joël, c’est une bande de soldats américains complètement jetés qui, postés en Allemagne, ont décidé en 1964 de rester en pays teuton pour devenir les anti-Beatles. Leur costume de scène était simple et efficace : des soutanes noires, des cordelettes autour du cou et bien sûr, des tonsures de moine. Ils splitteront deux ans plus tard à la veille d’une tournée au Vietnam, en pleine guerre bien entendu.
Musicalement c’est du garage bien primitif avec un banjo en guise de guitare rythmique, des paroles dadaïstes ou engagées comme justement le morceau anti-Vietnam, Monk Time, sûrement leur titre le plus connu.
Leur unique album, Black Monk Time, a été réédité il y a deux ans.
Album sorti du placard: The Shortwave Set - Replica Sun Machine (2008)
The Shortwave Set – Replica Sun Machine (2008)
Genre: Zorino's Favorite Album
The Shortwave Set s’était fait remarquer en 2005 avec The Debt Collection, un premier album sautillant et jovial, efficace juste comme il faut.
Le trio a depuis fait le grand saut et quitté la banlieue sud de Londres pour aller se faire produire en Californie par Danger Mouse tandis que Van Dyke Parks et John Cale se joignaient à l’enregistrement comme de modestes employés au service de la PME du groupe.
Et cette innocence fait mouche. Replica Sun Machine ressort ce qui a fait les succès de la pop. Les idées mélodiques sont au rendez-vous, les arrangements gourmands sans être boulimiques, et les chansons rondement menées.
Les merveilles s’enchaînent alors que The Shortwave Set semble prendre un malin à plaisir à créer des collisions d’ambiances, malsaines, inquiétantes, réconfortantes, guitares fuzz ou arpèges cristallins.
Replica Sun Machine est un disque lumineux, sincère et indispensable, qui ravira les fans de pop avec un grand P.
lundi 21 mars 2011
Report Festival: Sziget 2010
Sziget Festival - 9-15 août 2010, Budapest
Genre: New York's marathon is for pussies
Cinq ans maintenant que je couvre le Sziget Festival pour divers médias et chaque année, je me dis que je vais avoir du mal à renouveler mon avis sur le plus gros festival européen. Cependant, à la lecture de quelques lignes amèrement lâchées dans un Technikart pourtant prometteur (pensez donc, une interview de Sylvester Stallone en mode rétrospective/introspection), je me sens encore une fois obligé de recadrer et de plébisciter un événement dont la supposée beauferie n’est liée qu’à la horde de français, attirée par l’idéal roots véhiculé par une frange qu’il n’est pas nécessaire de fréquenter une fois sur le site. Evitez le Dalmat. Et oui, tout le monde ne vient pas au Sziget voir Ska-P ou Muse et pour se bourrer la tronche entre amateurs de pétards, de Tryo et de vin rouge, pour caricaturer.
Tellement de nationalités sont représentées qu’il faudrait être le dernier des idiots pour ne rester qu’entre ressortissants de sa propre communauté. Le problème n’est pas que français bien sûr, il suffit de voir les néerlandais ou tout simplement les hongrois pour le figurer. Cependant, c’est étrange mais j’ai passé sept jours de concerts à parler anglais et baragouiner hongrois, à la grande joie ou au grand malheur des autochtones terrifiés par ma prononciation d’une langue on ne peut plus oblique.
Il n’est pas si compliqué de s’ouvrir aux autres nations, une fois l’infâme absinthe bleue locale avalée ou l’électricité statique de la bière dissipée. Une idée à ressortir en conseil européen. Passé ce mauvais procès, j’ai (encore) vécu un festival inoubliable dans un bastion de liberté estivale, (toujours) situé au milieu de Budapest et du Danube. Certes, on pourra toujours critiquer la trop grande présence de nombreux partenaires commerciaux mais il faut bien pérenniser une affiche aussi variée et dense.
Parlons des concerts justement, qui m’ont vu dans l’obligation de faire le grand écart entre chaque scène et chaque style : The Hives en pleine forme et en costume de marins versus le nouveau set aussi chiant que génial de DJ Shadow, le retour flamboyant de The Specials opposés aux orfèvres de la fission cérébrale de Simian Mobile Disco, les décevants vétérans d’Iron Maiden face au groove sombre d’Ez3kiel, la légèreté orchestrée par Chapelier Fou contre l’improbable reformation de PIL, ou encore la trinité de choc Monster Magnet, Kasabian et les hilarants malgré eux Die Antwoord. Programmés tous en même temps bien sûrs ce qui, au vu de la longueur de l’île d’Óbudai, a généralement comme effet de faire découvrir au festivalier lambda des muscles inconnus jusqu’alors. Écartons tout de suite les malentendus, je n’ai pas vu Muse, trop occupé à faire une fixette sur le canon à mousse des acrobates de la Compagnie Malabar, tout comme je n’ai pu rentrer dans le chapiteau bondé où Bad Religion officiait. Bon, par contre, j’ai fait l’erreur de penser que regarder un show de Mika avec la gueule de bois serait drôle (ça ne l’est pas) et que le retour de Nina Hagen ne serait pas une demie-arnaque (ça l’est).
Si Foreign Beggars (hip-hop tendance grime), Toy Dolls (punk rigolo), Aeroplane (electro-italo-pop venue de Bruxelles) et zZz (Joy Division meets Suicide vs du larsen) étaient attendus au rayon « on joue à des heures bâtardes mais on va vous scotcher », c’est du côté de deux formations cataloguées dance outre-manche que la puissance du dancefloor s’est déchainée, pour paraphraser un Philippe Manœuvre qui n’écouterait plus que Fun Radio : Faithless (qui ont splitté depuis) et Calvin Harris. Les premiers sont encore de grosses stars, hormis en France, et leur show bien rôdé ne laisse pas de répit à la foule en transe tandis que le second parvient à garder un public écrasé par la chaleur à un niveau de frénésie dément.
Seul regret finalement pour cette édition, la disparition de la Mokka Chukka, l’after officiel du festival ces dernières années. Tant pis, l’Ambient Tent a fait office de palliatif et les buvettes n’ont jamais eu l’air aussi accueillantes qu’à 6 heures du matin. Je ne vais pas revenir sur le côté unique du Sziget Festival, son cadre, son ambiance, ce côté Spring Break, la beauté de Budapest, bla bla bla et cætera, bis repetita. Il est cependant bon de rappeler que cela se déroule tous les ans en Août, à peine à 25 heures de route de la France, en comptant les itinéraires bis, et que tout cela est bien réel pour le moment.
Les premiers noms pour 2011 sont là et ça s'annonce bien: Pulp, Dizzee Rascal, Chemical Brothers, The Maccabees, The National, Motorhead, Hadouken, Marina & The Diamonds, Crystal Castles, Deftones, Interpol, Judas Priest, entre autres.
Le reste sur le site du festival: http://www.szigetfestival.fr
Sziget, Szeretlek, és hamarosan. Je vous avais bien précisé que c’était une langue oblique.
Crédit photo The Hives: William Kloz
Archives & Trucs (12)
Factory, de bon cœur
Genre: They call it acieed
A l’occasion du 30ème anniversaire de Factory Records, est sorti un coffret 4 CD préparé par les spécialistes de Rhino Records en collaboration avec Jon Savage.
La bête se nomme Factory Records: Communications 1978-92 et donne une bonne occasion de parler du mythique label mancunien. Joy Division/New Order, Cabaret Voltaire, Happy Mondays, ESG, A Certain Ratio, Section 25, James ou The Durutti Column étaient parmi les plus dignes représentants, mais des groupes moins connus comme Quando Quango, Stockholm Monsters ou The Other Two sont également présents dans le coffret.
Toute l’histoire de Factory Records est émaillée par de multiples évènements imprévus, des situations particulièrement étranges et une gestion assez farfelue de la part de ses propriétaires, déjà dépeinte, déformée et amplifiée dans le film 24 Hour Party People.
« Les musiciens sont propriétaires de tout, le label est propriétaire de rien, tous les groupes ont le droit de se casser ». Cette phrase de Tony Wilson orne le premier contrat de Joy Division signé, selon la légende, avec son sang. Elle résume à elle seule une philosophie qu’on jugerait utopique dans le music-business actuel. L’une des autres coutumes du label était de référencer tout ce qui avait trait de prés ou loin à leurs activités : FAC1 pour le premier poster annonçant une soirée, FAC136 pour le ruban adhésif (offert aux cent premiers acheteurs du coffret) mais aussi FAC99 pour une facture de dentiste ou encore FAC191 pour le chat de l’Hacienda.
L’histoire commence le 4 juin 1976 quand les Buzzcocks organisent la venue des Sex Pistols à Manchester. Tony Wilson, présentateur sur Granada TV, et Alan Erasmus, acteur au chômage, se croisent à cette occasion. De cette rencontre va éclore en janvier 1978, Factory Records. Rejoints par le graphiste Peter Saville et le producteur Martin Hannett, le quatuor sort début 1979 un sampler avec Joy Division, The Durutti Column, Cabaret Voltaire et John Dowie. Les premiers singles de A Certain Ratio et d’OMD suivent tandis que Joy Division sortent leur premier LP Unknown Pleasures, produit par Hannett. Celui-ci rivalise d’excentricités pour retranscrire les sons qu’il entend dans sa tête, faisant notamment enregistrer certaines parties de batterie sur le toit du studio. La pochette signée Peter Saville est un exemple de la forte identité graphique dégagée par Factory Records. Rob Gretton, manager de Joy Division puis New Order, devient le cinquième actionnaire de l’entreprise. Quelques mois après, A Certain Ratio sortent leur premier album The Graveyard and The Ballroom mais resteront dans l’ombre de leurs contemporains.
La veille de partir en tournée aux USA, Ian Curtis met fin à ses jours. Love will tear us apart devient le plus gros hit de Joy Division. Les membres restants deviennent New Order tandis que The Durutti Column devient le groupe du seul Vini Reilly.
En 1981, Factory Records et New Order décident de reconvertir un hangar d’exposition de yachts en ce qui deviendra l’un des pôles du mouvement Madchester et électronique, le night-club The Hacienda (FAC51). Le financement proviendra principalement des bénéfices du groupe qui sort Movement la même année. C’est au moment de l’ouverture que Martin Hannett décide de partir non sans d’abord faire un procès (FAC61) aux membres de New Order pour des royalties oubliées. La plainte se verra réglée à l’amiable deux ans plus tard. New Order sort en single Blue Monday en 1983. Peter Saville réalise à l’occasion une pochette représentant une disquette mais coûtant trop cher à fabriquer. Le titre est un succès mais le label perd de l’argent à chaque vente de ce disque. New Order restera pourtant jusqu'au bout la locomotive de Factory Records, malgré quelques écarts de conduite et des dépenses importantes pour Technique en 1989 et Republic en 1992.
Formés par Shaun et Paul Ryder, dealers notoires et petites frappes du quartier ouvrier de Manchester, les Happy Mondays tirent justement leur nom du plus gros hit de New Order. Signés, les légendes ne s'accordent pas, par Tony Wilson après un Battle of bands à l’Hacienda où ils finirent derniers ou bien par Mike Pickering, par ailleurs leader de Quando Quango, peu importe finalement tant le groupe sort de l'ordinaire. En 1985 sort le Forty Five EP(et non le Delightful EP) et Bez est intégré au groupe. S’il ne participe pas vraiment à l’enregistrement, il devient l’élément clé en concert et la muse chimique d’un Shaun Ryder déjà bien entamé par les drogues.
Mike Pickering organise à l'Hacienda dés 1986 les premières grosses soirées électroniques et house, prémices du mouvement à venir. Tony Wilson persuade John Cale de produire Squirrel and G-Man Twenty Four Hour Party People Plastic Face Carnt Smile (White Out)(en compétition pour le titre d’album le plus long) mais le courant ne passe pas vraiment entre les mancuniens et le rigide gallois. Bummed marque le retour furtif au sein de l’entreprise d’un Martin Hannett en proie à la drogue et à l’obésité, pour un résultat plus encourageant. La scène Madchester connaît ses débuts et le groupe ne rate pas le train en sortant l’EP Madchester Rave Up en 1989, devenant aux côtés des Stone Roses le fer de lance du mouvement. Le Royaume-Uni ne s’en remettra pas.
L’Hacienda est bondée tous les vendredis et samedis soirs mais n’engrangent pas de bénéfices au bar, l’alcool ayant été remplacé dans le cœur des clients par l’ecstasy et toutes sortes de stupéfiants. Le club sera fermé puis détruit en 1997. Pills’n’Thrills And Bellyaches en 1990, en forme de testament d’une époque, sera l’album le plus abouti des Mondays.
Le label coulera dans sa forme première en 1992, en partie suite à l’enregistrement dantesque des Happy Mondays aux Bahamas de Yes, Please, mais surtout à cause de sa gestion passionnée mais légèrement tout sauf rentable.
Tony Wilson relancera Factory Records en 1994 sous la houlette de London Records mais démissionnera en 2006 pour l’éphémère F4 Records.
Il meurt en 2007 et son cercueil (FAC501) devient la dernière référence attribuée au catalogue du label.
(Déjà publié pour Abus Dangereux) Beaucoup d'informations fausses, je ressortirais une nouvelle version bientôt...
Archives & trucs (11)
The Lonely Island - Incredibad
Genre: Goofy goes to Biatchland
Et si les fans des Beastie Boys et de Bloodhound Gang tenaient ici leur album de l’année (NDLA: 2009)? Incredibad est à priori un disque de hip-hop/r’n’b tout ce qu’il y a de plus banal, les textes et l’esprit dérangés de leurs auteurs en plus. En effet, les trois fake rappeurs ne sont autre qu’Andy Samberg, Akiva Schaffer et Jorma Taccone, trublions dans l’inénarrable show télévisuel Saturday Night Live. Dés le premier titre on assiste à un patchwork délirant ne reculant pas devant le moindre featuring : Justin Timberlake (devenu un habitué du SNL), Norah Jones, Jack Black, T-Pain, Julian Casablancas et même Natalie Portman posent leurs voix sur des titres aussi déviants que Dick in the box, I’m on a boat, We like Sportz ou Jizz in my pants.
Ca parle d’éjaculations quand on apprend que Bruce Willis est mort à la fin du Sixième Sens, de l’étrange champagne de Carlos Santana, des Chroniques de Narnia un dimanche de flemme et même d’une rencontre du troisième type. Vous l’aurez compris, on aborde ici que des sujets extrêmement sérieux et on les rehausse d’une bonne dose de vulgarité et de jeux de mots douteux.
Les interludes ne relèvent pas le niveau déjà bien élevé mais quel plaisir d’entendre un hommage aussi poignant à Super Mario Bros (Shrooms). Comme pour œuvrer dans le sens de l’hommage, la production est tout simplement éléphantesque et n’a rien à envier aux plus gros hits East & West Coast confondus.
Une grosse blague qui se transforme en l’un des meilleurs albums du genre, pour qui saura apprécier le pastiche, ma bite dans une boite et le SNL.
« I’m on a boat, Motherfuckers ! ».
(Déjà publié pour Feu Trente Trois Tours)
Archives & trucs (10, ah ouais déjà)
Oxford Collapse – Bits
Genre: I wear the same Pavement's shirt since 1992
La pochette, renvoyant à l’hypothétique best-of d’un groupe folklorique mexicain spécialisé dans les reprises de classiques du Dia de los muertos, est des plus trompeuses. Oxford Collapse est un trio de Brooklyn nourri aux sonorités de Pavement, Sebadoh et autres glorieux représentants de la nation alternative.
Cela laisse déjà une indication quand au contenu du disque et ce n’est pas plus dérangeant que d’imiter Phil Collins avec une brosse en guise de micro. Oxford Collapse est l’archétype du groupe dont on se rappellera sûrement comme on garde un souvenir ému d’une glace à l’italienne supplément éclats d’amandes grillés sur la plage de Kervelec-Sud.
Les compositions sont bonnes et emmènent l’auditeur pour 38 minutes dans un terrain bien connu mais où il est toujours agréable de passer. Ne boudons pas notre plaisir quand raisonnent Electric Arc, Children’s Crusade, Vernon-Jackson voire la respiration A Wedding.
Sans sortir des sentiers battus, l’ensemble de Bits rentre dedans, tire dans le tas, et se classe directement dans les illustres albums bis qui nous auront enchanté le temps d’une saison, et plus si affinités.
(Déjà publié pour Abus Dangereux)
Archives & trucs (9)
Jarvis Cocker – Further Complications
Genre: Jarvis a le blues
Tel le Aimé Jacquet de la britpop, Jarvis Cocker a dû se dire qu’il fallait muscler le jeu, dont acte. C’est toutes guitares dehors qu’il attaque Further Complications par son titre éponyme, et remet une couche avec son single Angela . La présence derrière les manettes de Steve Albini, producteur de vous savez qui, n’est peut-être pas étrangère à ce disque aux atours bas du front.
C’est hélas par ce versant que l’album baisse d’un cran, quand l’ex-chanteur de Pulp, difficile d’oublier This is Hardcore, s’égare dans le mauvais goût. D’où vient ce saxophone sur Homewrecker ! ? Qui a invité les Red Hot Chili Peppers sur Fuckingsong ?
C’est bien dommage car les textes sont toujours aussi ciselés et Further Complications possède quelques joyaux de la couronne qui n’aurait dépareillé sur un album de Pulp (I never said I was deep, Hold Still, Slush ou encore You’re in my eyes et son sample disco).
Sitôt passées les deux-trois erreurs de casting, on n’est quasiment conquis par un album d’une grande classe toute british.
(Déjà publié pour Abus Dangereux)
Archives & trucs (8)
Nick Hornby - High Fidelity
Genre: Manic Depression
« Mardi soir, j’essaie un nouveau classement pour ma collection de disques ; je pratique souvent ça en période de stress émotionnel. Vous trouvez peut-être que c’est une manière plutôt bête de passer la soirée, moi pas. C’est ma vie, et j’aime pouvoir m’y promener, y plonger les bras, la toucher ». Parmi les enfants de la pop, qui ne s’est pas réfugié dans ses disques à la suite d’une rupture, à écouter des chansons qui pourraient aider à surmonter sa peine ?
Rob a la trentaine, vient de se séparer de Laura, possède un magasin de disques mais n’est toujours pas sorti de l’adolescence. Entouré de deux autres passionnés de musique, il passe sa vie bloqué dans une bulle constituée de tops 5, de vinyles et de mauvaise humeur. Alors qu’il pense avoir raté sa vie, il entreprend un voyage presque intérieur, centré sur son égo et son moral en chute libre à la suite du départ de Laura. Rob veut comprendre comment il en est arrivé là.
High Fidelity est le roman rock par excellence. A chaque chapitre parcouru, on se sent un peu plus proche de cette victime du syndrome de Peter Pan, qui tente de passer à l’âge adulte sans oublier ses passions adolescentes.
Au final, la vie de Rob et High Fidelity sont largement résumés par un album évoqué dans le livre : Pop, Girls, Etc. Pas mieux.
(Déjà publié pour Abus Dangereux)
Archives & trucs (7)
Babyshambles – Shotter’s Nation
Genre: He's got the crack
S’attaquer à la chronique du nouvel album d’un groupe aussi adulé que détesté n’est pas un mince exercice.
Comment faire fi des menaces de mort prononcées par des extrémistes du bon goût en guise de mise en bouche à toutes les personnes qui reconnaîtraient une once de talent chez Pete Doherty ?
Et que dire de la démagogie absolue, inscrite en lettres rouges dans un ancien magazine musical prestigieux, qui se complait à voir en lui le nouveau Johnny Thunders et/ou le poète maudit Born to lose apte à devenir un guide intemporel, tel un Moïse sous héroïne ?
La galette entre les mains, c’est à reculons qu’elle est insérée, bien que le nom Stephen Street soit plutôt gage de qualité (The Smiths/Blur/Morrissey/Graham Coxon) et de bon son sur chansons simples (Shed Seven/Catatonia/Sleeper/Kaiser Chiefs). Dés le premier titre, pas d’erreur possible c’est bien les Babyshambles : Carry up the morning est la suite logique de Up the morning, titre paru sur le premier album. Pourtant ce n’est pas tout à fait le même groupe que l’on y entend. Les instruments sont bien accordées (ou presque), les bonnes chansons sont au rendez-vous (ou presque) et Pete Doherty et sa bande s’appliquent à jouer et à chanter (ou presque).
Sortir et souligner les influences de la boîte de Pandore qu’est la pop, voilà le mot d’ordre.
Pour preuve, Delivery pourrait être un single moderne des Kinks ne serait-ce que pour son texte, Crumb Begging Baghead ressort le concept de baggy londonien en empruntant des sonorités aux Stone Roses, Side of the road ne déparerait pas sur un album des White Stripes, et le jazzy un peu pénible There she goes ressort la basse de Lovecats de The Cure. Le groupe se cite même en reprenant dans l’agréable Unstookietitled un court passage de Fuck Forever.
Le problème est là, faire du neuf avec du vieux c’est bien mais ça n’est pas un gage d’originalité. On a l’impression d’avoir déjà entendu ces chansons quelque part.
Malgré tout, Unbilotitled, Baddies Boogie, Deft Left Hand ou même des chansons plus empruntées (Delivery et Crumb Begging Baghead), surprennent, ne serait que parce que l’on y découvre un groupe sachant composer des chansons correctes.
Que les détracteurs se rassurent, ils pourront cracher leur bile sur You Talk, qui mériterait de figurer sur le premier album.
Shotter’s Nation se clôt avec un duo acoustique empli de pathos (The Lost Art of Murder) entre Pete Doherty (voix/réverb’ et arpèges) et le légendaire Bert Jansh (guitare lead). Mince, une bonne chanson en plus…
Ne soyons pas de mauvaise foi, cet album est loin d’être mauvais. Il est même bien à certains moments, avec des textes inspirés, une production décente et un groupe concerné.
Reste à savoir s’il s’agit d’un retour ou d’un sursaut.
(Déjà publié pour Feu Trente Trois Tours)
Archives & trucs (6)
Black Rebel Motorcycle Club – The Effects of 333
Genre : Héroïne & Out
On ne s’attendait vraiment pas à la sortie d’un nouveau Metal Machine Music et pourtant, l’idée est bien là. Certes on avait été surpris par l’avant dernier album acoustique et gospélisant mais les américains viennent de sortir ici clairement, uniquement sur leur site officiel pour le moment, leur album le plus extrême. L’avant-propos du groupe annonce la couleur : « no lyrics, no apologies, no regrets, just abstract ».
On pense fatalement aux Warlocks quand se décline la profondeur dépressive de ce disque. Ambiances sombres, arpèges de guitare égarés, machines menaçantes, claviers étouffés, ce disque rassemble les éléments des pires bad trips possibles et imaginables pour dévoiler une facette réellement inconnue d’un groupe que l’on pensait encore classer au rayon héritiers de Jesus & Mary Chain et autres. Les respirations que sont A twisted state ou Or needed maintiennent nos oreilles hors de l’eau dans cette abyssale descente du Styx, tandis qu’apparaissent en fin d’album dans un bruit de fond, les voix radiophoniques entremêlées de And when was better, la parfaite conclusion de cet album noir. Impossible de sortir indemne et les fans pourront toujours crier à la supercherie.
A faire pâlir les fans les plus obscurs de Bauhaus et Sisters of Mercy, voici la bande-son idéale pour un lendemain d’overdose. Nikki Sixx si tu nous lis…
(Déjà publié dans Abus Dangereux)
Archives & trucs (5)
Amanda Palmer – Who killed Amanda Palmer?
Genre : Lynch Ta Mère
Echappée du Brechtian Punk Cabaret de son groupe The Dresden Dolls, Amanda Palmer a décidé de collaborer avec Ben Folds pour concevoir son premier album solo. Finie la formule Piano/Batterie, place à l’orchestration. Oui, le son se veut plein et massif alors qu’apparaissent ça et là diverses sonorités électroniques et instruments à cordes, et que les ballades au piano emplissent le spectre auditif de l’émotion.
La chanteuse préférée de Laura n’a pas laissé les choses au hasard en co-écrivant la moitié des morceaux avec le pianiste/chanteur de feu Ben Folds Five et l’ensemble renvoie parfois à une Kate Bush réactualisée toute en tension nerveuse ou une Tori Amos qui aurait décidé de ne plus nous imposer ses déboires. Mélancolie est ici le maître mot avec des chansons comme Have to Drive, Blake Says ou Another Year. Pourtant l’humour acide n’est pas oublié dans un Leeds United à propos de l’ex de la demoiselle, fan du club de foot en question et de Law & Order, ou encore dans le parfait Oasis, chronique douce amère d’une fille violée, en phase d’avortement, mais qui pense à sa photo dédicacée de Liam Gallagher et à ses tickets pour Blur.
Au rayon des invités, on notera les apparitions de East Bay Ray des Dead Kennedys sur le deuxième tube de l’album Guitar Hero, de Zoë Keating, de la jeune Annie Clark et le surprenant sample de Strindberg sur l’intense Strength Through Music.
Amanda Palmer livre ici un disque riche et homogène et honnête par dessus tout. La chanteuse s’abandonne dans des chansons hantées par son spleen mais laisse toujours une fenêtre vers des jours meilleurs.
(Déjà publié dans Abus Dangereux)
Archives & trucs (4)
Hot Fuzz
Genre : Magnum Choucroute
On avait déjà repéré le trio Simon Pegg/Edgard Wright/Nick Frost dans leur premier long métrage Shaun of the Dead, qui pastichait les films de zombie avec un panache tout britannique. Hot Fuzz reprend la même formule mais avec ce coup ci, les films d’action/policier en ligne de mire.
Le synopsis est simple : le meilleur policier londonien Nicholas Angel est muté (pour ne plus ridiculiser ses collègues) en rase campagne à Sandford, un Village Green typique.
Une série de meurtres maquillés en accidents survient alors dans la parfaite petite bourgade. Angel enquête alors en compagnie de son collègue Danny, un jeune officier naïf fan de films d’action et de bières.
Mais la NWA (quoi ? les rappeurs anti-flics? non la Neighbourhood Watch Alliance…) veille au grain et à la tranquillité du village.
Nul besoin d’en dire plus pour ne pas gâcher la surprise.
La galerie de personnages brossée dans le film est un prétexte parfait pour aligner les répliques et les situations cultes. Il faut dire qu’entre les deux inspecteurs moustachus nommés Andy (Paddy Considine et Rafe Spall toujours impeccables), le propriétaire de supermarché cynique joué avec brio par Timothy Dalton ou encore les paysans armés jusque aux dents et au patois incompréhensible, la normalité n’est finalement pas vraiment la qualité première des citoyens de Sanford.
Le film est une authentique comédie d’action façon Lethal Weapon ou Die Hard, saupoudrée de culture geek, de gags débiles, de blagues au 3ème dégré, de caméos divertissants et d’une british touch so bienvenue dans ce déluge d’action à l’hollywoodienne.
Trente Trois Tours faisant des économies de place pour les meilleurs articles, votre serviteur ne peut pas citer tous les hommages et les références contenues dans les deux heures de bobine. Bon allez, quelques unes pour la route mais pas d’indications sur où, comment et quand : Chuck Norris, Bad Boys 2, Lost Highway, Point Break, Addams Family, The Simpson, Romeo + Juliet, Shining, Steven Seagal. Débrouillez-vous pour les autres, on ne va pas non plus vous tenir la main pour le grand-huit.
Le DVD est déjà sorti en Grande-Bretagne, ruez-vous sur les imports, car voici le film de l’année, sans aucun doute.
(Déjà publié dans Feu Trente Trois Tours)
Archives & trucs (3)
Les Shades – Le Meurtre de Vénus
Genre: Sorted for Pop's and Wizz
Il me serait tellement plus facile de dire que j’ai trouvé cet album nul à chier, pompeux et pompé, emprunté et putassier. Je pourrais aisément reparler des inutiles Naast et des insipides BB Brunes, leur trouver tous les défauts du monde, chier un grand coup sur Rock’n’Folk en me foutant de la gueule de Papa Ils ont le singole potentiel ! Manœuvre et des moites théories de Busty.
Cela aurait dommage car Le meurtre de Vénus est un chant du cygne, l’évolution illogique d’une mouvance qu’on aurait bien vu mourir, étouffée par les 45 tours des Chaussettes Noires et autre Dick (Auto)Rivers. Oui, les Shades n’ont pas sorti l’album qu’on attendait d’un groupe soit-disant teenage. Qui sait si l'on parlera des teen-rockers dans 10 ans.
La voix est mixée derrière les instruments et l’ensemble sonne résolument pop, du genre de celle qui cherche des poux sur le crâne de ses voisins. On entrevoit ici la tentative de faire « un disque de rock indépendant à l'américaine chanté en français » dixit Benjamin, membre officiant derrière le micro.
Montecarl ou AS Dragon avaient déjà essayé et essuyé des tirs de lance-roquettes car pour tout connard élitiste dans mon genre, le chant en français est une aberration.
Le rock ne se chante que dans la langue de Craig David.
A cette réflexion, le chanteur du groupe répond : « Un artiste français qui écrit en français a bien plus de mérite que s’il écrivait en anglais et ce quel que soit le genre musical. Il n’a pas peut-être pas plus de talent, bien entendu mais il se montre cohérent, il évite probablement de très nombreuses et agaçantes fautes de syntaxe. Il se donne les moyens de traduire de manière plus juste, et donc forcément plus spontanée, ses propres sentiments ».
Le syndrome Jacques Brel n’a finalement pas que du mauvais.
(Déjà publié dans Feu Trente Trois Tours)
Archives & trucs (2)
Kaiser Chiefs – Off With Their Heads
Genre : Stadium Houblonium
Les Kaiser Chiefs n’ont pas inventé la poudre, mais s’ils avaient pu créer la tireuse à bières, on aurait eu un semblant d’explications sur leur très FM précédent album, tout en boursouflures de stadium à l’image de Ruby, hymne pour hooligan bourré à la mi-temps d’un West Ham - Hull City. Produit par Mark Ronson, le groupe prend des risques qui se révèlent intéressants.
Malgré des titres discutables comme le niais Good Days Bad Days, le groupe distille ses influences conventionnelles au service d’une pop correcte, moins influencée par la britpop que par le passé (bien que Always happen like that sonne comme du Blur). Off With Their Heads contient ses moments de bravoure comme You want history ou l’excellent single Never miss a beat, au passage aussi bon une fois remixé par Cut Copy.
L’opus contient aussi ses bizarreries comme Spanish Metal tout en tauromachie façon Carlsberg, le passage hip-hop du très rock Half the truth ou ce Addicted to Drugs guidé par la cowbell chère à Will Ferrell. Mark Ronson a accompli une fois de plus un excellent travail, concrétisant les envies de changement du groupe.
Les Kaiser Chiefs ont décidément tout du gang sympathique et si ce n’est pas l’incroyable album dancefloor annoncé, on remue la tête plus que de raison.
(Déjà publié dans Abus Dangereux)
Archives & trucs (1)
Mono – Gone (A collection of EP’s 2000-2007)
Genre : Stéréo-testiculaire
Poncif numéro1 : Le post-rock, une musique si chaleureuse et accueillante qui vous donne irrémédiablement l’envie d’utiliser une corde à linge pour vous faire un joli nœud de cravate avec.
Les anglais ont les crétins de Mogwaï, les américains ont Explosions in the sky ou Tortoise, les canadiens en ont beaucoup trop, les français ont M83 et les japonais ont Mono.
Ces derniers nous font le coup de la compilation de raretés et réussissent à sortir un album cohérent. La qualité du groupe n’est pas mise à l’épreuve et ce disque, produit en grande partie par Steve Albini, s’avère une excellente entrée en matière pour les néophytes du genre. Ce n’est pas ici qu’on décèlera une mélodie à siffler sous la douche, mais pour ceux qui préfèrent l’orage au beau temps, il y a de quoi trouver son compte. L’utilisation d’instruments de type violons ou violoncelles sur la deuxième partie du disque (en gros, dés la piste 4 « Memorie dal futuro ») donne une idée de la nouvelle direction du groupe, plus mélodique.
Une bonne introduction pour Mono ? Pourquoi pas…(déjà publié dans Abus Dangereux)
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