lundi 21 mars 2011

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Babyshambles – Shotter’s Nation

Genre: He's got the crack

S’attaquer à la chronique du nouvel album d’un groupe aussi adulé que détesté n’est pas un mince exercice.
Comment faire fi des menaces de mort prononcées par des extrémistes du bon goût en guise de mise en bouche à toutes les personnes qui reconnaîtraient une once de talent chez Pete Doherty ?
Et que dire de la démagogie absolue, inscrite en lettres rouges dans un ancien magazine musical prestigieux, qui se complait à voir en lui le nouveau Johnny Thunders et/ou le poète maudit Born to lose apte à devenir un guide intemporel, tel un Moïse sous héroïne ?

La galette entre les mains, c’est à reculons qu’elle est insérée, bien que le nom Stephen Street soit plutôt gage de qualité (The Smiths/Blur/Morrissey/Graham Coxon) et de bon son sur chansons simples (Shed Seven/Catatonia/Sleeper/Kaiser Chiefs). Dés le premier titre, pas d’erreur possible c’est bien les Babyshambles : Carry up the morning est la suite logique de Up the morning, titre paru sur le premier album. Pourtant ce n’est pas tout à fait le même groupe que l’on y entend. Les instruments sont bien accordées (ou presque), les bonnes chansons sont au rendez-vous (ou presque) et Pete Doherty et sa bande s’appliquent à jouer et à chanter (ou presque).

Sortir et souligner les influences de la boîte de Pandore qu’est la pop, voilà le mot d’ordre.
Pour preuve, Delivery pourrait être un single moderne des Kinks ne serait-ce que pour son texte, Crumb Begging Baghead ressort le concept de baggy londonien en empruntant des sonorités aux Stone Roses, Side of the road ne déparerait pas sur un album des White Stripes, et le jazzy un peu pénible There she goes ressort la basse de Lovecats de The Cure. Le groupe se cite même en reprenant dans l’agréable Unstookietitled un court passage de Fuck Forever.
Le problème est là, faire du neuf avec du vieux c’est bien mais ça n’est pas un gage d’originalité. On a l’impression d’avoir déjà entendu ces chansons quelque part.
Malgré tout, Unbilotitled, Baddies Boogie, Deft Left Hand ou même des chansons plus empruntées (Delivery et Crumb Begging Baghead), surprennent, ne serait que parce que l’on y découvre un groupe sachant composer des chansons correctes.
Que les détracteurs se rassurent, ils pourront cracher leur bile sur You Talk, qui mériterait de figurer sur le premier album.

Shotter’s Nation se clôt avec un duo acoustique empli de pathos (The Lost Art of Murder) entre Pete Doherty (voix/réverb’ et arpèges) et le légendaire Bert Jansh (guitare lead). Mince, une bonne chanson en plus…

Ne soyons pas de mauvaise foi, cet album est loin d’être mauvais. Il est même bien à certains moments, avec des textes inspirés, une production décente et un groupe concerné.
Reste à savoir s’il s’agit d’un retour ou d’un sursaut.

(Déjà publié pour Feu Trente Trois Tours)

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