lundi 11 juillet 2011
News of the world: The Megaphonic Thrift - Decay Decoy
The Megaphonic Thrift - Decay Decoy
Genre: Norway to hell
Quand un groupe perd tous ses instruments dans un incendie à la veille d’enregistrer son premier album, on ne s’attend pas forcément à le voir persévérer et sortir coûte que coûte un enregistrement. Les norvégiens de The Megaphonic Thrift sont de la trempe de ceux qui se battent pour publier leur musique.
L’arrivée de Decay Decoy dans un bac de disques tient donc du miracle et de la persévérance.
Ce qui saute d’emblée aux oreilles, c’est l’admiration du groupe pour Sonic Youth. Plus exactement, ce premier album de The Megaphonic Thrift sonne comme la rencontre entre Daydream Nation et Rather Ripped. Si l’on y parsème ça et là les influences bénéfiques de Dinosaur Jr et My Bloody Valentine, voire de la scène math-rock*, on obtient Decay Decoy.
C'est-à-dire un bon album, pas toujours inventif dans ses mélodies, mais suffisamment chargé en saturation pour charmer l’amateur du genre.
En plus, c’est sorti sur l’excellent label londonien Club AC30, soit une raison de plus de se procurer ce disque.
* Un bon terme bâtard pour regrouper sous la même étiquette Jawbox, Don Caballero et Foals...
mercredi 29 juin 2011
Report Festival: Hellfest 2011
Hellfest - 17-19 juin 2011, Clisson
Genre: No Stairway
Comment un poppeux comme moi a pu se retrouver au Hellfest de son plein gré ? Ok, j’écoutais du métal au lycée. Et puis j’ai grandi. Cette saillie débile n’avait pour but que de provoquer et a fait son petit effet auprès de chacun de ceux à qui je l’ai dit. Graine de connard. Cela étant, j’écoute encore Snot, Ministry, Black Sabbath, Deftones (si c’est toujours considéré comme du métal) et du stoner au sens le plus vague du terme. Et certainement d’autres trucs du genre.
Plus sérieusement, ma présence n’était due à la base qu’au projet de Radio Campus Dijon de faire une émission en direct du festival en collaboration avec toutes les Radios Campus de France. Un projet regroupant plusieurs animateurs de radio était fortement alléchant et mon envie d’exporter mon second degré et ma semi-culture geek ont eu raison de ma résistance qui ne demandait qu’à disparaître. Y serait-je venu sans ça ? Pas sûr, vu que mon budget festival s’alloue généralement au Garorock (parce que ce n’est pas loin et qu’il y a toujours deux trois concerts qui ne passent pas ailleurs), au Sziget Festival (parce que j’aime d’amour cet événement, j’y ai d’ailleurs vu un concert incroyable d’Iron Maiden il y’a trois-quatre ans) ou encore à Rock en Seine (Paris, têtes d’affiches à la cool et ambiance c’est bientôt la rentrée).
Forcément, départ à reculons de Bordeaux avec deux collègues plus légitimes que moi selon l’AFP, Arnaud et Louise. Et fatalement, de sympathiques préjugés en tête.
Arrivé à 21h le jeudi soir avec des italiens distribuant de la vodka aux nouveaux arrivants, premier contact avec le Metal Corner et l’équipe de radio dirigée par Zak, distribution de tee-shirts (que je n’ai quasiment pas mis, au profit d’un profil benderien correspondant plus à ma personne, pas très esprit d'équipe je sais).
Et fatalement, un mec vomit derrière une poubelle ce qui semble être du vin rouge. Ambiance.
Premier concert, des membres de la Turbojugend de Nantes reprennent du Turbonegro, évidemment.
L’absence de programme visible sur place ne m’aidera pas à savoir ce que j’ai vu ce soir là, à moins que ce ne soit la mise en route de mon immersion gonzo. Suivre des métalleux sur le terrain de l’alcool n’est pas la meilleure idée du monde.
Sobriété est le maître mot du vendredi. Logique d’un réveil difficile. Rain de The Cult sonne mon coup d’envoi du festival. Mon morceau préféré du groupe, ça tombe bien. Ian Astbury est capable du pire mais aussi du meilleur (cf. UNKLE). La pluie, symbole de ce Hellfest, tombe jusqu’au dimanche.
Son de merde sur les deux scènes principales pour cause de vent et de pluie. Down sonne moyen, Iggy & The Stooges passent mieux, et au moins je connais les chansons. Rob Zombie, un peu ampoulé. Il aurait mérité les feux d’artifice de In Flames. Pendant The Exploited, je passe un peu de temps à l’Extreme Market, le super marché du métalleux. Un peu trop mainstream à mon goût.
Mayhem sur la scène Rock Hard. 4 bougies, une guitare, un crâne en plastique. Une blague donc, que certains fans n’ont pas digéré. Quitte à voir de l’humour et du métal, j’ai largement préféré Dancefloor Disaster, dont l’amusement principal consiste à reprendre des tubes de Lady Gaga et de Culture Beat en les agrémentant de double-pédale et de chants hurlés. Enfin du décalage dans le sérieux ambiant.
La scène stoner, pardon Terrorizer, était clairement l’endroit où je devais passer le plus clair de mon temps. Première rafale avec Karma to Burn, on enfonce le clou avec Clutch et on s’achève avec Monster Magnet.
Je n’ai pas vu les Melvins en entier pour cause de Rob Zombie et de trainaillage, dommage j’ai juste eu le temps d’apercevoir Phil Anselmo à la batterie. Crevard.
Pas trop de Metal Corner pour ce soir, radio le lendemain.
Pas vu beaucoup de concerts le samedi avant un bon moment pour cause de préparation d’émission. J’ai regretté d’avoir raté Headcharger tant les mecs sont de bons clients en interview. Pareil pour Municipal Waste, mais là c’est parce qu’ils jouaient pendant la tranche à laquelle je participais. Émission cool, un troisième sparring-partner de qualité (Polo de son surnom), un excellent ingé-son (dont j'ai oublié le nom), du meublage et du blabla pour cause d’annulation de l’interview d’Hammerfall. Rien à foutre, une belle bande de tocards à l’ancienne, à l’image de leur show.
Thin Lizzy ou un cover band ? Difficile à dire mais j’ai tapé du pied sur The boys are back in town, comme tout le monde. Apocalyptica, on s’en fout.
Je rate Converge et Kreator, mais me laisse traîner voir Bolt Thrower. Surprise, le concert est excellent et super en place. La fosse est violente mais dans la norme hellfestienne. Pas ma came à la base mais bien bluffé par ces mecs. Sans oublier leur bassiste et son tee-shirt UK Subs.
Je délaisse Scorpions la plupart du temps. Le solo de batterie avec le sample de Wind of Change m’a convaincu de mon choix. Still loving you, chanté tel un cliché Spinaltapien en plein air-guitar, ça c’est fait.
Ne me parlez plus des Bad Brains. Fan du groupe, la déception n’en est que plus forte quand je m’aperçoit que la voix du chanteur disparaît au fur et à mesure. Arnaque.
Moment fort : l’hommage à Patrick Roy et le feu d’artifice qui a suivi. J’ai vu un métalleux pleurer. Et pas uniquement parce que la pyrotechnie a semblé viser le coin des poseurs, pardon, l’espace VIP où j’ai passé bien trop de temps à siroter les Jägermeister et les Jack Daniels proposés gratuitement.
Je décide de partir au Metal Corner. Constatation que j’avais oublié, y’a quand même un paquet de mecs, bourrés pour la plupart. Ça pue la testostérone. Heureusement, il y a des anglais avec qui parler de Motörhead, de whisky et de Manchester United.
Le dimanche, je rate Red Fang, Goatsnake, Kylesa, Electric Wizard mais me fade Cavalera Conspiracy. Il est navrant de constater que c’est de pire en pire pour les deux frères. Duff Mac Kagan et Anathema, au moins, ça passait.
Au rayon débile, Doro n’était pas non plus la meilleure idée du monde mais j’ai chanté en chœur avec les allemands qui traînaient là sur All we are.
Je découvre un peu plus tard mes voisins picards, composés du grand-père, des trois fils et du petit-fils de 13 ans. Ambiance barbecue, Ricard et vin rouge sur fond de Trust et de Madball.
Judas Priest semble comme d’habitude avoir dévalisé le Cuir Center local. Setlist à l’ancienne avec Victims of Change, The Green Manalishi (la fameuse reprise de Fleetwood Mac), Beyond the Realms of Death et l’inusable Breaking The Law. Après son arrivée en Harley, Rob Hallford est très en forme vocalement à défaut d’avoir retrouvé une seconde jeunesse physiquement. Mais ce n’est pas pire que Ozzy Osbourne. Celui-ci fait pourtant des efforts et paraît mieux qu’à l’époque des Osbournes. Je lance les paris sur la setlist et gagne une bière grâce à mon don d’ubiquité. Mention spéciale à War Pigs. Tout à fait correct, du moins à mon goût, jusqu’à ce que je parte subir les horribles Hawkwind en attendant Kyuss Lives.
J’attends au milieu de la fosse pour ce qui sera le dernier concert du festival. Le groupe entre sur Gardenia et je me retrouve collé aux barrières. La foule pète un câble et je me laisse porter par la vague de mouvements. Lassé de mon statut de fétu de paille, je sors de la tente pendant Supa Scoopa and Mighty Scoop, déjà vidé à la moitié du set. Je suis le reste de l’extérieur mais le son est parfait de dehors aussi. Grosse claque pour la reformation du combo stoner.
Je finis comme d’habitude au Metal Corner pour un DJ set Glam-Métal. Le public en redemande et commence à taper sur les poteaux de la tente. Peu à peu évacués, les spectateurs continuent à taper sur les tables avant de s’attaquer aux bidons qui font office de poubelles. Bien décidés à transporter leurs instruments de fortune, le son se propage jusqu’à l’entrée où les plus forts d’entre eux portent les fûts improvisés sur l’épaule. La sécurité veille et les festivaliers se rabattent sur les containers à verre dégueulant des excès alcooliques de la journée. Quelques heures plus tard, après une ola et une position PLS en hommage au SAMU, les tentes abandonnées sont piétinées voire brûlées quand arrive l’heure de tout remballer.
Le Hellfest est définitivement un festival particulier, bloqué en 1990 avant que le grunge n’apparaisse. Le poppeux que je suis a quand même apprécié son immersion. Salut et merci bien pour le pass.
Crédit photo Boutinfest: aucune idée, que l'ayant droit réclame son identification
mardi 28 juin 2011
Report Concert : The Pains of Being Pure at Heart/Liquid Team/Victory Hall
BT59 - 22 Juin 2011, Bègles
Genre: This Gig is Fucking Right
Première constatation, la fête de la musique, soit le seul jour où le mot musique devient une insulte à sa propre étymologie, a fait des ravages. Pas grand monde, 100 personnes à tout casser mais ce n’est pas grave, sauf pour les organisateurs Hello My Name Is.
Le concert commence avec Victory Hall (Julien Pras/Hugo Berrouet/Martial Jesus) dont je ne peux pas dire grand chose, étant occupé à distribuer du flyer à l’extérieur. Ça avait l’air pas mal, tant pis pour moi.
Viennent ensuite les revenants de Liquid Team pour un set solide. Les anciens pensionnaires de feu-Total Heaven (le label pas le shop, vous l’aurez compris) livrent une prestation des plus correctes et sonnent comme un mix entre Pavement, The Feelies et si on pousse un peu, The Pixies.
Les stars de la soirée se nomment The Pains of Being Pure at Heart et sont attendus au tournant. L’ouverture sur Belong, le gros tube de leur dernier album, laisse présager le meilleur. S’enchaînent single hors-album (Say No To Love) et extraits du dernier disque dans une continuité désarmante. Désarmante parce que certains titres se ressemblent fortement, débarrassés de la très bonne production du duo Flood/Alan Moulder. Une impression qui s’efface quand viennent les titres du premier album (Stay Alive, Come Saturday, Everything with you).
Si musicalement, le son est massif mais pop, le point négatif provient des voix de Kip Berman et Peggy Wang. Celles-ci semblent s’étioler au fur et à mesure que le concert avance. Sauf pour le rappel, où le groupe tire ses dernières cartouches avec un Contender magique et leur ultime salve power-pop, This Love is Fucking Right.
Excellents sur disque mais bons sur scène.
Setlist de The Pains of Being Pure at Heart:
Belong
Say No To Love
103
Heart in your Heartbreak
The Body
Heaven's gonna happen now
Stay Alive
My Terrible Friend
Come Saturday
Young Adult Friction
Too Tough
Everything with You
Contender
This Love is Fucking Right
Crédit photo Victory Hall/The Pains of Being Pure at Heart: Pauline Automatique
lundi 6 juin 2011
News of the world: Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two
Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two
Genre: B-Boy Bouillabaisse
Ne cherchez pas Hot Sauce Committee Part One pour le moment, il a été annulé suite au cancer d’Adam MCA Yauch. Hot Sauce Committee Part Two est donc le nouvel album des Beastie Boys.
A son écoute, on se rend compte que malgré sa qualité intrinsèque, les années dorées du groupe sont peut-être passées. Le trio travaille pourtant d’arrache-pied pour toujours rendre une copie impeccable, dont acte.
Après un To the 5 Burroughs plus synthétique et plus axé sur les samples, les Beastie Boys reviennent aux instruments, si l’on exclut l’album récréation The Mix-Up, et avec Philippe Zdar de Cassius au mixage.
Pour tout fan du groupe, on pénètre en terrain connu : un single imparable en ouverture (Make Some Noise), un duo avec Nas (Too many rappers), une virgule reggae bienvenue (Don't Play No Game That I Can't Win avec Santigold), des tracks tubesques (OK, Here's a Little Something For Ya), des clins d’œil (Funky Donkey, Say It), une spéciale « Join the dark side » (Long burn the fire) et, bien sûr, un brûlot punk (Lee Majors come again).
Pour promouvoir l’album, Adam Yauch en a profité pour réaliser Fight for your Right Revisited, un film/clip d’une demi-heure pour présenter l’album. La vidéo se propose comme une suite du clip original mais avec Elijah Wood, Seth Rogen, Danny McBride, Will Ferrell, Jack Black et John C. Reilly pour tenir le rôle des Beastie Boys, et un casting semblant sorti d’un Hall of Fame ou du Who’s Who indépendant. Le film est trouvable sur youtube.
Alors ok, Hot Sauce Committee Part Two n’est pas tout à fait au niveau des quatre premiers albums, mais reste de très haute volée dans la production actuelle.
jeudi 28 avril 2011
Terminated (The Cancelled Series Chronicles): Freaks & Geeks
Freaks & Geeks
Genre: Tod Browning & Amstrad CPC?
Pendant que Dawson se demande s’il est amoureux de Joey tout en se masturbant sur l'oeuvre complète de Spielberg, Freaks & Geeks apparaît sur l’antenne de NBC en 1999. La série, créée par Paul Feig et produite par Judd Apatow, est un concentré de tout ce que les teen-movies des années 80 ont pu offrir. Les situations communes sont détournées au profit d’une histoire se concentrant sur deux groupes d’un lycée en 1980 (soit chronologiquement parlant, juste avant la première vague de teen-movies 80’s) : d’un côté les Freaks , les rebelles fumant leurs cigarettes, séchant les cours et faisant la fête et de l’autre, les Geeks, petits génies à la solde de l’excellence scolaire.
Lindsay (Linda Cardellini, vue dans Urgences), l’héroïne, est une geek mais la mort de sa grand-mère provoque un changement chez elle, la détournant du "droit chemin", de son ancienne meilleure amie Millie (Sarah Hagan, Amanda dans Buffy contre les Vampires), catholique et coincée, de son petit frère Sam (John Francis Daley, aujourd'hui dans Bones), lui aussi geek de son état, et de ses parents moralisateurs.
La série est bourrée d’humour mais n’est pas une simple comédie basée sur le monde de la jeunesse. La représentation de ces adolescents est bien plus juste que les sitcoms habituelles et sort des clichés rebattus. Chaque épisode se présente comme un teen-movie de quarante minutes.
Le plan-séquence d’ouverture du premier épisode est un modèle de narration. Il débute sur le terrain de football américain, se détourne vers les tribunes où un couple modèle stéréotypé (un quaterback et une pom-pom girl) déclament leur amour réciproque, avant de passer sous les tribunes pour y découvrir les freaks, Daniel (James Franco, Mister 127 Hours), Nick (Jason Segel, Marshall de How I met your mother) et Ken (Seth Rogen, resté l'acteur fétiche de Judd Apatow), en train de fumer, blasphémer et parler de Led Zeppelin. Ne manque que Kim Kelly (Busy Phillips, la jeune assistante de Cougar Town), la petite-amie de Daniel.
Le plan s’attarde sur Lindsay les observant, coincée entre deux mondes, avant de se détourner vers les geeks, Sam, Neal (Samm Levine, aperçu dans Inglorious Basterds) et Bill (Martin Starr, revu dans la plupart des autres productions Apatow), en train d’imiter Bill Murray.
Ceux-ci se font importuner par la brute Alan (Chauncey Leopardi, quasi disparu de la circulation depuis) et sa bande, avant que n'intervienne Lindsay. Son petit frère la remercie à peine et Lindsay lâche "Je déteste le lycée".
Le ton est donné et lance le générique (Bad Reputation de Joan Jett) de ce qui paraît être l’une des représentations les plus proches de la vie des ados dans un périmètre scolaire.
La série ne dure hélas qu’une saison, malgré un casting hallucinant à posteriori.
Sans oublier la collection de guests/caméos à rendre jaloux les créateurs d'Entourage: Leslie Mann (Funny People, mariée à Judd Apatow), Ben Stiller (au hasard, Dodgeball), Thomas F. Wilson (Biff de Retour vers le futur), David Koechner (La légende de Ron Burgundy et acolyte régulier de Will Ferrell), Jason Schwartzman (A bord du Darjeeling Limited, entre autres), Rashida Jones (The Office), Allen Covert (présent dans quasiment tous les films d'Adam Sandler), David Krumholtz (Numbers), Kevin Korrigan (Les Infiltrés, mais aussi Delire Express), Mike White (Zombieland), Kevin Tighe (Lost, mais pas que), sans oublier le fantasme geek circa 1994 Claudia Christian (Babylon 5)
La série marque aussi les premières apparitions d'Alexander Gould (Weeds), Lizzy Caplan (Cloverfield), Shia LaBoeuf (Transformers), Ben Foster (Trois Heures Dix pour Yuma) ou encore Samaire Armstrong (Entourage, justement).
Judd Apatow poursuivra dans le genre avec sa deuxième série Undeclared, qui reprend une partie du casting de Freaks & Geeks et transpose l’univers du lycée à celui de l’université. Elle suivra le même sort et sera déprogrammée elle aussi avant même la fin de la première saison.
Freaks & Geeks a aujourd'hui le fameux statut de série culte. Une bien belle jambe pour un programme qui se sera arrêté à temps, malgré lui. Au moins, Freaks & Geeks reste parfait en l'état avec un vrai épisode de conclusion.
mercredi 27 avril 2011
News of the world: Ringo DeathStarr - Colour Trip
Ringo DeathStarr - Colour Trip
Genre: The Alan Moulder Project
Après The Brian Jonestown Massacre et les Dandy Warhols, rajoutons le groupe Ringo DeathStarr à la liste des fans de jeux de mots sur les icônes 60’s.
Bien plus portés sur la noise-pop de Jesus & Mary Chain et sur le Loveless de My Bloody Valentine que leurs illustres collègues américains, le quatuor texan se distingue par le double-chant masculin et/ou féminin selon les chansons.
Côté wall of sound, rien de nouveau, si ce n’est que le son brut des deux premiers EP est un peu laissé de côté mais des titres comme Kaleidoscope et Do It Everytime y gagnent une épaisseur utile. D’ailleurs c’est cette espèce de fil conducteur sonore qui tient le disque, quand certains passages baissent un peu en inspiration dans la deuxième partie du disque.
On peut cependant bien pardonner une baisse de régime à des groupes produisant des trucs aussi bien foutus mélodiquement que So High, Day Dreamy ou Imagine Hearts.
A classer au même niveau que leurs concurrents The Pains of Being Pure At Heart, Singapore Sling et The Big Pink. Au minimum.
lundi 11 avril 2011
News of the world: Molly's – Sighs of the night
Molly's – Sighs of the night
Genre: Shoegazing much to lose
On gardait un lointain souvenir des amienois de Molly’s, comme un nom lâché dans la liste conséquente des groupes dit Teenage. Quatre ans plus tard, on constate que ceux qui ont donné un temps soit peu de concerts s’en sortent pas trop mal. Et donc les Molly’s.
Plus d’une centaine concerts, avec des premières parties mainstream pour se faire connaître des français dont la culture rock ne dépasse pas la playlist de MTV France (Mademoiselle K, BB Brunes), et des ouvertures pour des groupes nettement plus cools comme Glasvegas, Black Angels ou The Warlocks.
Avec Mark Gardener de Ride à la production, on comprend où veulent se situer les Molly’s. Les compositions sont honnêtes et bien servies par un son, pas que l’on soit étonnés, typiquement anglais période 90’s. Il est d’ailleurs difficile de ne pas penser à Ride (forcément) ou à My Bloody Valentine mais dans une version plus juvénile. Les titres s’enchaînent, et l’intonation gallagherienne de la voix se détache un peu du mur de guitares.
Si le groupe peut faire bonne figure au milieu de la scène rock française actuelle, on ne peut s’arrêter de penser que les Molly’s auraient fait de bons seconds couteaux au Royaume-Uni, au rayon Menswe@r, The Sultans of Ping FC et autres Cast et Shed Seven. Essayons pourtant de les imaginer plutôt comme des émules de The Jennifers, sympathiques teenagers anglais du début des années 90 très inspirés par The Stone Roses et The Charlatans, qui deviendront plus tard Supergrass.
C’est tout le mal qu’on leur souhaite.
mercredi 30 mars 2011
Film sorti du placard: To live and die in LA
To live and die in LA/Police Fédérale Los Angeles (1985)
Genre: Very Bad Cops
To live and die in LA n'est pas qu'un titre de TuPac, c'est aussi un polar, et pas des moindres.
A la réalisation, on retrouve William Friedkin, déjà responsable de French Connection, L’Exorciste mais aussi du mésestimé Cruising et récemment de Bug.
Le pitch est simple : un flic tête brûlée et archétype de l’anti-héros se met en tête de venger la mort de son partenaire en traquant avec l’aide de son nouveau co-équipier, le faussaire qui l’a tué. Avec ce film on se croirait dans une adaptation sanglante de Miami Vice avec bande-son 80’s à souhait (Wang Chung à fond, chanson éponyme à l'appui), mais situé à Los Angeles… Le sang de Michael Mann n’a d’ailleurs fait qu’un tour puisqu’il a fait un procès à William Friedkin pour plagiat.
Niveau réalisation, on touche à la quasi-perfection pour le genre : sec, nerveux, mais peuplé de travellings et de panoramiques salutaires, avec qui plus est une séquence d’anthologie, à savoir une poursuite en voiture à contre-sens sur l’autoroute.
Au casting, on retrouve un William Petersen en totale antithèse de son personnage de Grissom dans Les Experts, John Turturro déjà bien typé malfrat italo-américain, John Pankow en co-équipier paniqué mais surtout un Willem Dafoe vénéneux à souhait, certainement dans l’un de ses meilleurs rôles.
To live and die in LA c’est l’un des meilleurs polars 70's/80's américains, à réévaluer et à placer aux côtés de Dirty Harry ou French Connection.
Film sorti du placard: Vigilante
Vigilante (1983)
Genre: You just fucked with the wrong mecanician
Réhabilitons William Lustig. Vigilante, sorti en 1983, est bien souvent classé au rayon film d’auto-défense, comme la série des Un justicier dans la ville. Pourtant il n’a pas tant de points communs avec ces films proto-fascisants nous montrant un Charles Bronson pourfendant la ville pour tuer tous les voyous que la police dépassée n’a pu arrêter.
L’histoire est assez classique pour le genre : Un mécanicien décide de venger la mort de son fils et l’agression opérée sur sa femme, après que le procès ait laissé libre les agresseurs. Lui est condamné à 30 jours de prison ferme pour s’être rebellé contre le jugement prononcé. A sa sortie, il rejoint le groupe de Vigilante de son quartier, une sorte de milice organisée qui prône la justice par soi-même. Le film est en fait clairement la transposition d’un western spaghetti vers un milieu urbain crasseux, en l’occurrence un New-York pré-Giuliani. Son protagoniste est un justicier solitaire corrompu par la violence qui lui a été infligé, mais certainement pas un héros. Un héros aurait récupéré sa femme après s’être fait justice lui-même, ce qui n’est pas le cas ici, puisque sa femme le quitte juste après le premier règlement de comptes. Niveau mise en scène, ça emprunte à Sergio Corbucci, John Carpenter ou Georges Romero. Les bandits sont parfois filmés comme une nuée de zombies tandis que la troupe des Vigilante est filmée comme des malfrats.
Pour les acteurs, Robert Forster est le justicier, spécialiste des B-Movies et déjà révélé dans Jackie Brown. Il y a aussi Fred Williamson dans le rôle du chef des Vigilante, acteur culte de la Blackxploitation qu’on peut voir aussi dans Une nuit en enfer. Sans oublier l’acteur fétiche de Lustig, Joe Spinell, protagoniste principal de la série des Maniac Cop.
Pour résumer, Vigilante renvoie dos à dos les deux entités principales du film en les traitant équitablement mais surtout en laissant plusieurs interprétations possibles quand à la suite des évènements. Bref, une série B sanglante, agréable à regarder mais pas aussi con qu’elle pourrait le laisser croire.
Crédits affiche: http://www.mondotees.com
Film sorti du placard: The Black Hole
The Black Hole (1979)
Genre: The White HAL
Quand les grosses compagnies hollywoodiennes ont vu le succès de Star Wars en 1977, produit par la Fox, chacune a décidé de sortir un film de SF histoire de profiter de la vague, à part la MGM qui venait de sortir L’Age de Cristal. Paramount a donc sorti le premier film Star Trek en 1979, Universal s’est lancé dans Battlestar Galactica, et Disney a emboîté le pas avec justement, The Black Hole.
Un budget d’à peu prés 26 millions de dollars est débloqué, et le projet est présenté comme pharaonique, la société rappelant même certains de ses spécialistes des effets spéciaux envoyés à la retraite. Disney essaie à l’époque de récupérer les nouvelles caméras Dykstraflex que Georges Lucas a utilisé pour tourner Star Wars mais le prix de location proposé par ILM est trop élevé. Le studio décide alors de fabriquer les siennes et cela donne les caméras ACES, supérieures en tout point à celles de Georges Lucas.
Inutile de dire que visuellement, le film bien qu’ayant vieilli, est quand même encore très beau. Le synopsis de The Black Hole est finalement devenu un standard dans la sf : En 2130, un vaisseau spatial d'exploration, l'USS Palomino découvre un trou noir avec un vaisseau perdu, l'USS Cygnus en orbite sur son horizon. Les membres de l’équipage décident d’aborder le vaisseau perdu et y retrouve le commandant de bord, vivant seul, entouré de robots depuis 20 ans. Je ne spoilerai pas la suite mais on est en plein trip à la 2001 l’odyssée de l’espace mixé à des dialogues surréalistes et au bon vieil esprit catho/familial cher à Disney.
Pour le casting, on retrouve Anthony Perkins, Robert Foster, Ernest Borgnine, Roddy McDowall dans le rôle de l’insupportable robot du film, et avec à la musique John Barry qui signe l’un de ses meilleurs thèmes.
Je reparle de ce film aujourd’hui parce que Disney a décidé de s’atteler à un remake, peut-être même en 3D, effet Avatar oblige.
En tout cas, The Black Hole est à revoir, oscillant entre nanard grand luxe et révolution visuelle, pour l’époque.
Film sorti du placard: Wet Hot American Summer
Wet Hot American Summer (2001)
Genre: Monty Syphon
Le titre Wet Hot American Summer donnerait si il était traduit dans la langue du chevalier des arts et des lettres Christophe Maé, « Dingue dingue dingue, on s’attache mon p’tit gars c’est ma terre ».
L’idée de départ est simple, il s’agit de raconter le dernier jour d’un camp de vacances juif en 1981. Ça commence sur les mêmes bases que Arrête de ramer t’es sur le sable (Meatballs dans la langue de Danny McBride) et ça dérive violemment vers un mélange entre Monthy Pythons, The State et, pour changer, le Saturday Night Live. Soit des sketches reliés par un fil conducteur, prétexte aux situations les plus absurdes ou débiles qui soient, de l’abandon de gamins dans un canoë précipité dans les rapides à la chute d’un élément d’une station orbitale, en passant par une boite de conserve qui parle.
Le casting est tout ce qu'il y a de plus cool avec Janeane Garofalo (Mystery Men), Paul Rudd (Ron Burgundy), Ken Marino (Party Down), Molly Shannon (Superstar), Elizabeth Banks (Role Models, du même réalisateur), Bradley Cooper (The Hangover), Amy Poehler (Les rois du patin) et Joe Lo Truglio (Paul).
Pour les fans de trivia, le film a choqué les responsables du camp dans lequel il a été tourné. Ceux-ci s’attendaient à une comédie familiale, alors fatalement le résultat final ne leur a pas franchement plu. Un raison de plus de le télécharger au plus vite sur les plates-formes habituelles, vu que Wet Hot American Summer n’est jamais sorti en France.
Album sorti du placard: My Vitriol - Finelines
My Vitriol - Finelines (2000)
Genre: Hindi-Goth?
Finelines est pour le NME, un mélange de The Cure et des Foo Fighters fait par des mecs qui croient avoir défoncé la NASA sur leur propre terrain. Il y’a sûrement un peu de ça c’est vrai, mais ce petit côté arrogant ne les dessert pas et il est évident que My Vitriol a écouté The Cure et les Foo Fighters. Mais pas que…
On sent aussi bien les influences d’un Smashing Pumpkins des bons jours.
Le groupe compte deux indiens dans ses membres mais ça n’en fait donc pas pour autant des émules des sous-estimés Cornershop. L’album est inspiré, rentre-dedans dans son style, et bien écrit. C’est d’ailleurs pour ça que j’en parle aujourd’hui. Chaque chanson est enregistrée avec un accordage différent mais le produit final reste homogène.
Le groupe n’a rien sorti depuis à part un EP en 2007, une cover des Lemonheads et une autre d’Elliott Smith en apprenant sa mort. Un semi-réputation de fossoyeurs de cadavres tièdes qui se perpétue même récemment puisqu’ils sont le dernier groupe a avoir joué à l’Astoria de Londres avant sa fermeture.
Restent des titres comme Cemented Shoes, Grounded, Always your way ou Windows & Wall.
Groupe sorti du placard: Tomorrow
Tomorrow
Genre: Acid Bike
Tomorrow est l’un des premiers groupes psychédéliques en Angleterre avec Soft Machine et Pink Floyd mais n’a jamais connu le succès de ses comparses bien qu’adulé, mais qui ne l’a pas été, par John Peel. Tomorrow a existé pendant un peu plus d’un an de 1967 à 1968, avant de se démembrer, quand le chanteur a connu un bref succès avec un single extrait d’un, ouvrez les guillemets, Teenage Opera. Le guitariste Steve Howe a fini chez les infâmes Yes puis dans Asia, alors que le batteur John Twink Adler a joué sur SF Sorrow des Pretty Things avant de monter The Pink Fairies et de figurer dans l’un des premiers groupes punk, The Rings.
Pour l’anecdote, le groupe a composé une chanson nommée Revolution dont Lennon s’est bien inspiré pour son Revolution, avec un succès que seuls les Beatles pouvaient avoir. Le titre le plus marquant serait pourtant My White Bicycle. Celui-ci s’inspire d’une action des Dutch Provos, un collectif anarchiste hollandais qui avait mis à disposition en libre service des vélos blancs qu’on laissait où l’on voulait pour que quelqu’un le récupère et ainsi de suite. Le presque ancêtre du Vélib quoi…
Groupe sorti du placard: The Monks
The Monks
Genre: Monks gone to heaven
The Monks ou les moines pour ceux qui ne parlent pas la langue de Billy Joël, c’est une bande de soldats américains complètement jetés qui, postés en Allemagne, ont décidé en 1964 de rester en pays teuton pour devenir les anti-Beatles. Leur costume de scène était simple et efficace : des soutanes noires, des cordelettes autour du cou et bien sûr, des tonsures de moine. Ils splitteront deux ans plus tard à la veille d’une tournée au Vietnam, en pleine guerre bien entendu.
Musicalement c’est du garage bien primitif avec un banjo en guise de guitare rythmique, des paroles dadaïstes ou engagées comme justement le morceau anti-Vietnam, Monk Time, sûrement leur titre le plus connu.
Leur unique album, Black Monk Time, a été réédité il y a deux ans.
Album sorti du placard: The Shortwave Set - Replica Sun Machine (2008)
The Shortwave Set – Replica Sun Machine (2008)
Genre: Zorino's Favorite Album
The Shortwave Set s’était fait remarquer en 2005 avec The Debt Collection, un premier album sautillant et jovial, efficace juste comme il faut.
Le trio a depuis fait le grand saut et quitté la banlieue sud de Londres pour aller se faire produire en Californie par Danger Mouse tandis que Van Dyke Parks et John Cale se joignaient à l’enregistrement comme de modestes employés au service de la PME du groupe.
Et cette innocence fait mouche. Replica Sun Machine ressort ce qui a fait les succès de la pop. Les idées mélodiques sont au rendez-vous, les arrangements gourmands sans être boulimiques, et les chansons rondement menées.
Les merveilles s’enchaînent alors que The Shortwave Set semble prendre un malin à plaisir à créer des collisions d’ambiances, malsaines, inquiétantes, réconfortantes, guitares fuzz ou arpèges cristallins.
Replica Sun Machine est un disque lumineux, sincère et indispensable, qui ravira les fans de pop avec un grand P.
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