mercredi 30 mars 2011
Film sorti du placard: Vigilante
Vigilante (1983)
Genre: You just fucked with the wrong mecanician
Réhabilitons William Lustig. Vigilante, sorti en 1983, est bien souvent classé au rayon film d’auto-défense, comme la série des Un justicier dans la ville. Pourtant il n’a pas tant de points communs avec ces films proto-fascisants nous montrant un Charles Bronson pourfendant la ville pour tuer tous les voyous que la police dépassée n’a pu arrêter.
L’histoire est assez classique pour le genre : Un mécanicien décide de venger la mort de son fils et l’agression opérée sur sa femme, après que le procès ait laissé libre les agresseurs. Lui est condamné à 30 jours de prison ferme pour s’être rebellé contre le jugement prononcé. A sa sortie, il rejoint le groupe de Vigilante de son quartier, une sorte de milice organisée qui prône la justice par soi-même. Le film est en fait clairement la transposition d’un western spaghetti vers un milieu urbain crasseux, en l’occurrence un New-York pré-Giuliani. Son protagoniste est un justicier solitaire corrompu par la violence qui lui a été infligé, mais certainement pas un héros. Un héros aurait récupéré sa femme après s’être fait justice lui-même, ce qui n’est pas le cas ici, puisque sa femme le quitte juste après le premier règlement de comptes. Niveau mise en scène, ça emprunte à Sergio Corbucci, John Carpenter ou Georges Romero. Les bandits sont parfois filmés comme une nuée de zombies tandis que la troupe des Vigilante est filmée comme des malfrats.
Pour les acteurs, Robert Forster est le justicier, spécialiste des B-Movies et déjà révélé dans Jackie Brown. Il y a aussi Fred Williamson dans le rôle du chef des Vigilante, acteur culte de la Blackxploitation qu’on peut voir aussi dans Une nuit en enfer. Sans oublier l’acteur fétiche de Lustig, Joe Spinell, protagoniste principal de la série des Maniac Cop.
Pour résumer, Vigilante renvoie dos à dos les deux entités principales du film en les traitant équitablement mais surtout en laissant plusieurs interprétations possibles quand à la suite des évènements. Bref, une série B sanglante, agréable à regarder mais pas aussi con qu’elle pourrait le laisser croire.
Crédits affiche: http://www.mondotees.com
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